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Pourquoi certains arrêtent de fumer facilement, et pas d’autres (2).

Cet article et le précédent peuvent assez facilement être transposés à de nombreuses formes d’addiction.

 

L’article « Arrêter de fumer en douceur » exposait quelques motifs qui rendent vraiment accros à la cigarette; cependant, des personnes m’ont fait remarquer qu’elles ont arrêté facilement de fumer, du jour au lendemain.

 

J’ai alors réalisé que c’est ce que j’ai fait moi-même, dès que j’ai été enceinte de mon premier enfant (il y a 28 ans + 9 mois). Je me suis alors demandé dans l’article précédent pourquoi pour certains, c’était relativement facile d’arrêter la cigarette, alors que pour d’autres, c’était comme soulever un poids de 30 tonnes. J’ai donc réfléchi à ce qui avait déclenché pour moi l’habitude de fumer, et en quoi d’autres ex-fumeurs avaient eu un parcours analogue.

 

La question suivante est évidemment : « Qu’est-ce qui permet d’arrêter de fumer du jour au lendemain ? »

 

Qu’est-ce qui permet d’arrêter la cigarette du jour au lendemain ?

Plus de dix ans après la fac, j’ai rencontré mon mari, qui ne fumait pas, heureusement. Entre temps, j’alternais entre des « périodes cigarettes » (une dizaine par jour en moyenne), et des périodes de quelques jours sans cigarette, sans me forcer, simplement parce que je n’en avais pas vraiment envie. Après l’avoir rencontré, j’ai continué à fumer, un peu de la même manière, plutôt moins parce qu’il y avait moins de tentations.

 

Puis, j’ai su que j’étais enceinte : j’ai immédiatement jeté mon dernier paquet de cigarettes, et je n’en ai plus racheté depuis.

 

 

En quoi les besoins énumérés ci-dessus se trouvaient satisfaits, autrement (et en mieux !) :

  • Besoin de connexion: Avant tout, bien sûr, le tout premier besoin de connexion concernait mon enfant, la joie de sa naissance à venir, et le souhait à 1000% de lui donner le meilleur. Ce souhait passait largement avant tout désir de cigarette.

 

Pourtant, de nombreuses femmes enceintes aimeraient vraiment arrêter le tabac, mais n’y arrivent pas. Cela ne veut pas dire qu’elles sont indifférentes au bien-être de leur enfant : rappelez-vous la comparaison précédente,  sur les poids de 30 kg et les poids de 30 tonnes… Quelles émotions cherchent-elles à éviter ? Ou encore, qu’est-ce qui peut rendre le désir de fumer si prégnant ? On a tous des blessures qu’on n’a pas encore su cicatriser…

 

En résumé, comment ai-je pu arrêter facilement le tabac dans ces circonstances, alors que d’autres ne l’ont pas pu ? Je ne me crois pas plus angélique qu’une autre.

 

Pour répondre à ces questions, une analyse plus fine est nécessaire : je reprends la liste des besoins qui me poussaient à fumer.

 

  • Autres besoins de connexion: avec un entourage qui ne fume pas, ou rarement, je n’avais plus la tentation de recourir aussi souvent aux cigarettes.
    Une première conclusion : l’influence du groupe est vraiment puissante. Ma fille me raconte à quel point elle passe pour une « bizarre » à son université ; pour manger bio, et ne fumer qu’occasionnellement, tout en étant bien intégrée, il faut beaucoup de détermination, alliée à de bonnes capacités relationnelles… ce qu’elle a, heureusement.

 

  • Besoin de me sentir adulte (cela faisait partie de ce que je cherchais à « prouver » en fumant): être enceinte a sans doute été une « preuve » convaincante pour mon inconscient, que pouvait-il demander de plus… Eh oui, de très nombreuses parties de nous « restent sur pause » : elles continuent à  avoir 3 ans, ou 15 ans, et les désirs et le niveau de connaissance qui va avec ; et il faut un fort remue-ménage émotionnel pour que quelques-unes se décident à grandir.

 

  • Besoin de reconnaissance : la maternité, c’est valorisant ; mon inconscient y trouvait son compte, là aussi. Outre l’attitude bienveillante de l’entourage, cette valorisation est issue de parties de soi très archaïques : le cerveau reptilien est rassuré quant à l’avenir de l’espèce, les mémoires cellulaires sont imprégnées de la joie de tant de femmes à la naissance d’un bébé en pleine forme.

 

 

Quels besoins, et satisfaits comment ?

Cette réflexion m’amène aux conclusions (provisoires) suivantes :

L’influence de l’entourage (donc le besoin de connexion, d’être reconnu comme une personne « valable ») est très importante. Sauf un désir conscient, déterminé, de ne pas fumer, en sachant clairement pourquoi on fait ce choix, il est très facile d’être influencé et de se conformer aux valeurs du groupe, qu’elles soient conscientes ou inconscientes.

Fumer comme les copains ou la famille est une sorte de « reconnaissance tribale ». La première cigarette et / ou le premier verre de vin (ou la première cuite) ont souvent un rôle d’ « initiation », de passage à l’état adulte. (Quand on pense au niveau de compétences exigé pour les véritables initiations, dans les peuples dits « primitifs »… sans commentaire.).

 

Puis l’habitude est prise. Tenter de la perdre nécessite de se confronter (consciemment ou non) à nos mémoires d’adolescent, elles-mêmes reliées à nos mémoires plus anciennes. Et à prendre en compte leurs besoins.

  • Vous sentiriez-vous accepté(e) par votre entourage si vous arrêtiez de fumer ? ou pris pour un « dangereux contestataire », ou un casse-pieds moralisateur ? Est-ce que vos proches auraient l’impression que vous les rejetez, si vous ne fumez pas comme eux ? …

 

Le besoin de se sentir adulte : selon les conditionnements familiaux des uns et des autres, on peut se sentir adulte quand on a un enfant, ou quand on se marie, ou quand on a tel diplôme, ou un travail, ou son premier salaire… ou jamais, pour certains, qui peuvent se raccrocher à la « clop » comme une « preuve » qu’ils sont grands, et / ou comme à une tototte. (ne pas se sentir adulte ne veut pas du tout dire qu’on ne fait rien de sa vie ! Il s’agit d’une image de soi, vue par certaines parties de soi, et pas la totalité).

 

Le besoin de reconnaissance : il est proche du besoin d’être accepté par l’entourage, mais plus général. Il s’agit plutôt de faire partie du clan des « humains valables », plutôt que simplement due groupe de copains fumeurs. On fume alors :

  • pour se sentir une âme d’artiste comme Brel, Brassens et Ferré, sur leur célèbre photo,
  • et / ou se prendre pour le beau cowboy d’anciennes publicités pour les cigarettes,
  • ou encore pour s’identifier à Maryline Monroe et autres symboles de sensualité féminie.

 

Dans quelle mesure ces besoins sont-ils faciles à satisfaire, autant et même bien mieux  que par le tabac ?

Ça peut être assez simple, comme ça l’a été pour moi ; mais ce n’est pas toujours le cas.  Encore une fois, on a tous nos zones de blocages, des grandes, des petites, des moyennes ; des blocages de 10 kilos, et des blocages de 100 tonnes. Arrêter facilement la cigarette veut juste dire qu’on n’avait pas un trop gros problème à ce niveau-là, il y en a sûrement d’autres ailleurs (vous savez, « la paille et la poutre » …).

 

 

Les « grosses » raisons de fumer (les « poids de 30 tonnes »)

La blessure de rejet est très douloureuse, et elle peut être tellement forte qu’on est prêt à tout pour ne pas la ressentir… même à s’intoxiquer avec les copains, à se ruiner en tabac et autres addictions, à s’intégrer à n’importe quel groupe, pourvu qu’il « nous tienne chaud », au moins un peu. En faisant cela, on essaie de ne pas ressentir des blessures beaucoup plus anciennes : quand s’est-on senti rejeté ? Par qui ? Par Papy, qui aurait voulu un petit-fils au lieu d’une petite-fille (ou le contraire) ? Par votre frère aîné, que vous avez involontairement détrôné, au moment de votre naissance ? Par Maman, qui pourtant pleurait dans sa chambre parce que vous étiez en couveuse ? Dans tous les cas il s’agit de votre ressenti, et il peut se déprogrammer.

 

Se sentir adulte, ou pas : c’est souvent une question de « coupure du cordon » ; comment s’autoriser à « être grand » si Maman est tellement anxieuse à l’idée de lâcher son « bébé » ? On ne veut pas lui faire de peine… Pourtant, elle a peut-être guéri cette angoisse depuis 20 ans (ou pas), mais votre cerveau émotionnel ne s’en est pas encore aperçu.

 

Se sentir valable, ou pas, un exemple : suite à différents blocages et rêves brisés, Papa et Maman vivent depuis des années des aides de l’Etat, et se persuadent qu’ils ont raison. Leur enfant se trouve dans un conflit de loyauté : soit il suit leur chemin, et se fait traiter de « feignant assisté » par les « bons travailleurs » de son entourage. Soit il « trahit » ses parents en ayant un travail, « pire » : un travail intéressant et bien rémunéré. Il n’est alors plus valable à leurs yeux. Dans les deux cas, il est une « mauvaise personne ». Alors, avec une cigarette, il se prendra pour un beau cowboy pendant quelques minutes, c’est toujours ça.

Le même raisonnement vaut pour  les musiciens fils de comptables, les comptables fils de musiciens, etc. etc. Pourtant, nous avons tous une Valeur Infinie…

 

D’autres blessures encore :

  • On peut tenter (inconsciemment) de retrouver, à travers la fumée du tabac, un ami disparu avec qui on fumait souvent. Ou même s’envoler un moment avec lui … dans les nuages.

 

  • La cigarette peut servir à se couper de ses émotions, quelles qu’elles soient. Un exemple parmi des milliers d’autres : une femme a été violée dans son adolescence, par un autre jeune, passablement alcoolisé. La vue d’un alcoolique, une réflexion macho même entendue à la télé, suffira à lui donner l’envie d’une cigarette… sans qu’elle ait la moindre conscience de ce qui se passe en elle : la fumée du tabac lui sert précisément à maintenir très loin ce souvenir douloureux.

 

  • Elle sert aussi à retrouver d’anciens modes de sécurisation : plus on est stressé, plus on va chercher loin dans notre passé des habitudes qui avaient été rassurantes. Alors, devant une grosse angoisse (souvent chronique et inconsciente), on redevient le bébé qui tète. Ou encore : on tente de retrouver, à l’âge adulte, la présence maternelle qui nous a manqué étant bébé. Il ne s’agit pas de culpabiliser quiconque : on peut s’être senti profondément abandonné suite à quelques minutes loin de Maman peu après la naissance.

 

 

En résumé : que cache la fumée du tabac ?

  • Quelquefois, rien de grave : des vieux désirs d’ado, maintenant satisfaits dans la vie d’adulte ; il suffit alors de vivre cette satisfaction (consciemment ou non) pour décrocher de la cigarette quand on le souhaite. Ou encore : pour fumer avec plaisir une fois de temps en temps, sans être accro pour autant.
    Pour ne pas me mettre la pression après avoir « officiellement » arrêté de fumer, j’avais trouvé une solution : j’expliquais à mes amis fumeurs que je n’achète plus de paquets pour ne pas risquer de « replonger », mais que je leur demanderai une cigarette de temps en temps ; à raison d’une cigarette par mois en moyenne, c’était un rythme très soutenable, pour eux et pour moi ????.

 

  • D’autres fois, le problème est bien plus profond. On a un objectif inconscient, lié à une véritable souffrance, plus ou moins occultée. Se forcer à arrêter sera inutilement douloureux : au mieux, l’arrêt durera quelques jours ; ou bien, on le compensera en faisant encore pire (conflits avec l’entourage, alcoolisme, boulimie, etc).

 

La seule solution que je vois à cette situation, c’est de résoudre vraiment ce problème de fond. Autrement, la souffrance que l’on met tant d’énergie à enfouir en nous se manifestera de plus en plus fort : comme un ressort qu’on n’a plus la force de comprimer.

 

Il est toujours possible de guérir cette ancienne blessure : notre Sagesse Intérieure a la solution et ne demande qu’à nous la faire connaître.


 

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