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Saboteurs intérieurs ou Protecteurs Maladroits ?

On parle beaucoup de « saboteurs intérieurs », de « pièges de l’ego », de « résistances », comme si certaines parties de nous étaient nos pires ennemis.

 

Et si ces « méchants » saboteurs étaient simplement des parties de nous qui essaient de nous protéger, mais qui s’y prennent mal ?

 

A travers un exemple précis, mais adaptable à n’importe quelle situation, on regardera comment se forment ces « Protecteurs Maladroits », comment ils évoluent puis se contredisent entre eux.

 

 

Un exemple, à partir d’une croyance limitante.

Depuis l’enfance, Estelle est persuadée qu’elle n’est « pas douée pour le sport ».

Comme toutes les croyances limitantes, celle-ci va avoir nombre de conséquences désagréables :

  • frustration de ne pas pouvoir participer à telle activité sportive avec des proches,
  • reproches et menaces (souvent inconscientes et involontaires) de certains, pourtant bien intentionnés : « Mais bouge-toi enfin ! Tu vas finir par tomber malade, à rester dans ton fauteuil ! » ;
  • auto-flagellation : « Je suis nulle, maladroite, pas normale, etc. », charmante vision d’elle-même qui sera reflétée naturellement par l’entourage (Loi d’Attraction).
  • et quand elle était petite, elle avait des mauvaises notes en sport, et subissait des moqueries de la part des autres enfants.

 

Quand l’énergie ne s’exprime pas dans certains domaines, et qu’une personne en souffre, c’est toujours parce qu’elle est bloquée par des croyances et injonctions contradictoires. Il est essentiel de comprendre lesquelles.

 

Une partie d’Estelle lui dit : « Ne fais pas de sport ; ne bouge pas, ne prends pas de risques, tu vas te faire mal et je me sentirai très mal, moi aussi. » Cette partie d’elle est reflétée (et aggravée) par une mère surprotectrice.

 

 

Quand les Mamans en font trop …

  • la Maman d’Estelle est chroniquement très inquiète pour elle. Pour différentes raisons, qui ont toutes leur raison d’être : Estelle a eu de graves ennuis de santé à sa naissance ; ou : la Maman a perdu un enfant ; ou : un événement dans l’Arbre Généalogique a rendu toutes les mères surprotectrices dans cette famille, ou … tant d’autres raisons.
  • Estelle, toute petite, souhaitait explorer son environnement : c’est normal. Son attitude vrillait systématiquement sa mère : ça, c’est moins « normal ».

 

Estelle percevait son angoisse, ce qui est la pire des punitions : « Ooooh, je fais du mal à Maman ».

 

Les idées d’un tout-petit peuvent nous paraître étranges, c’est vrai : « Tiens, si je descendais l’escalier toute seule ? et pourquoi pas debout à reculons, ou à cloche-pied ? ».

Mais une maman qui n’est pas torturée par l’angoisse de la mère d’Estelle, rattrape le bout de chou à temps, puis lui explique doucement : « C’est une super idée, mais on va faire tout ça sur la marche d’en bas, et je te rattraperai dans mes bras. Promets-moi de ne pas faire des choses comme ça toute seule. ».


Pour ne pas « faire de mal à Maman » (donc pour s’éviter à elle aussi une réelle souffrance), l’inconscient d’Estelle lui fabrique progressivement un Gardien : une partie d’elle qui va lui interdire de bouger au-delà du minimum vital.

 

 

Les Gardiens (ou Protecteurs Maladroits)

C’est une règle générale : toute souffrance grave génère un Gardien. Toute souffrance grave, qu’il s’agisse d’un traumatisme, ou d’une « écorchure » répétitive.

 

Le Gardien a l’âge de la personne au moment où elle a vécu cette souffrance, et pas plus de connaissances ni de maturité qu’elle. Mais il est très très très fermement résolu à ce qu’elle ne revive plus JAMAIS cette souffrance : le Gardien, c’est un bébé qui pilote un char d’assaut.

 

 

Le mot « Gardien »

J’ai appris le terme de Gardien en regardant les vidéos d’Isabelle Padovani. J’avais déjà une idée de cette notion, sans avoir de mot précis pour la désigner.

 

– je parlais quelquefois de Protecteur Maladroit, ou de Bébé Protecteur (mais c’était trop long à dire).

– ou de « grand frère », terrorisé à l’idée que le « petit » fasse des bêtises qui les fasse punir tous les deux. Mais cette expression n’est pas toujours claire.

– ou encore de Kapo, parce que le Gardien transmet souvent les ordres d’une façon encore plus dure qu’il ne les a reçus. Ce terme trop dur ne me satisfaisait pas non plus, il niait la bienveillance du Gardien, qui veut seulement protéger son « petit » mais qui s’y prend très mal.

 

Même s’il n’évoque pas que des choses agréables, j’utilise désormais le terme de Gardien parce qu’il faut bien un mot pour désigner ce concept si utile ; et ce mot est simple, c’est tout.

 

 

Une « enfant modèle »

Jusqu’ici, tout semble aller bien : la maman d’Estelle est contente de sa fille « sage comme une image », ses amies (celles de la maman ; Estelle n’a pas d’amies, ou si peu) la félicitent de sa « bonne éducation » et l’envient un peu.

 

 

Tout semble aller bien, jusqu’à ce qu’Estelle aille à l’école.

 

 

Estelle à l’école

A l’école, il y a les activités sportives, et pire encore, les récrés, où il faudrait (idéalement) courir et jouer avec les copains et copines.

 

Estelle vit alors un terrible conflit de loyauté :

  • « je veux faire plaisir à Maman en me sentant bien à l’école, mais pour ça, il faut que je bouge, que je fasse du sport, que je joue avec les autres.
  • OU : j’évite de lui faire peur (et surtout de faire peur à mon Gardien, qui ne VEUT pas que je bouge), et je reste seule dans mon coin ; oui : tant pis : je serai « nulle en gym », mais très bonne pour tout le reste ».

Voilà comment se « fabriquent » les « bons élèves », qui ne peuvent exprimer leur Lumière qu’à travers le scolaire purement scolaire. En espérant encore qu’ils n’aient pas, en plus, de blocage vis-à-vis de ces disciplines…

 

 

La « sœur ennemie » du premier Gardien.

– Quand se produit une vraie souffrance, durable, que se passe-t-il ? Allez, on réfléchit. ????

– Suite à une souffrance importante, se crée : un Gardien. Un Gardien dont le rôle est de faire en sorte que jamais, jamais, cette souffrance ne revienne.

 

Estelle souffre réellement, dans sa cour de récréation. Alors, son inconscient crée un nouveau Gardien, qui lui hurle « Bouge ! Mais bouge enfin… ce que tu es gourde ! Tu as vraiment 2 de tension, tu es molle, si tu continues comme ça, tu ne réussiras jamais dans le vie… ».

« Amabilités » que les copines d’école se font un plaisir de relayer. D’où un cercle vicieux : leurs moqueries renforcent ce second Gardien, qui s’en veut de ne pas réussir à faire bouger la pauvre gamine, justement pour éviter ces moqueries… et donc, qui  « en rajoute » de plus en plus.

 

 

Récapitulation : P1, P2, et leurs Gardiens.

Dans tout ce qui suit, il sera question de P1, P2, P50, etc. Il s’agira de  Parties du psychisme d’Estelle. P’1, P’2, P’50, etc. désigneront les Gardiens correspondant à chacune d’elle. 

  • P1, c’est la petite Estelle de 2 ans, déchirée entre son désir d’explorer le monde, et la peur de faire pleurer Maman. Déchirement = souffrance, donc création d’un Gardien, qu’on appellera P’1. Il a les connaissances et le psychisme d’un enfant de 2 ans, mais la détermination et la puissance d’un bulldozer. (Désolée si les termes P1, P’1, etc. rappellent des mauvais souvenirs aux « traumatisés par les maths » : c’est vraiment ce que j’ai trouvé de plus simple).
  • P2, c’est la petite Estelle de 5 ans, déchirée entre son désir de jouer avec ses camarades, et la peur de faire hurler P’1. Déchirement = souffrance, donc création d’un Gardien, P’2. Il a les connaissances et le psychisme d’un enfant de 5 ans, et il est tout aussi déterminé que P’1. 
  • Evidemment, dès qu’il est question de faire du sport, d’aller vite, de prendre des initiatives, c’est la guerre : un enfant de 2 ans (P’1) conduit un tank, et affronte un enfant de 5 ans (P’2) qui conduit un autre tank. Chacun défend son « bébé » (P1 ou P2) de toutes ses forces.
    Mais les protagonistes ne se voient pas, ne communiquent pas : ils ne sont pas dans le même espace-temps. Chacun agit seulement comme un déclencheur pour l’autre.

Pour faire arrêter la guerre, il faudra réussir à les faire dialoguer.

 

 

Quand tout va bien

Situation idéale : les parents d’Estelle s’aperçoivent très vite que leur fille se sent mal à l’école, et ils entament tout de suite un processus pour qu’elle se sente mieux. De préférence avec un thérapeute, parce que la situation est beaucoup plus complexe qu’elle n’en a l’air ; non, ce n’est pas seulement « ses petites copines sont pas gentilles, ça ira mieux l’année prochaine ». C’est beaucoup plus profond.

 

Avec l’aide du thérapeute, les quatre parties d’Estelle réussissent à communiquer, et s’aperçoivent qu’elles ont le même but : qu’elle soit heureuse.

Mieux encore, si sa mère fait un travail pour apaiser l’angoisse qui la rendait surprotectrice, le « déclencheur » ne va plus se réactiver au moindre geste d’Estelle.

 

A ce stade, la petite fille remonte très vite la pente : elle intègre qu’elle a le droit de s’amuser ; elle voit que Maman sait quoi faire pour être plus heureuse, et qu’elle n’a plus besoin qu’Estelle la prenne en charge. L’enfant est enfin libre de découvrir la vie à sa manière, et tout va bien.

La maman doit encore affronter quelques démons intérieurs, elle le fait volontiers par amour pour sa fille. Puis elle découvre qu’elle est plus heureuse, elle aussi. Bingo pour tout le monde… ????

 

 

Quand ça va moins bien…

Toujours la même Estelle, mais cette fois elle n’a pas eu la chance que ses parents cherchent des solutions à son mal-être, et au leur.

 

On a vu que c’était une guerre quasi-permanente :

  • entre P’1 (le Gardien de la petite fille de 2 ans, déchirée entre son désir d’explorer le monde, et la peur de faire pleurer Maman)
  • et P’2 (le Gardien de la petite fille de 5 ans, déchirée entre son désir de jouer avec ses camarades, et la peur de faire hurler P’1).

 

Cette guerre rend Estelle malheureuse, créant ainsi simultanément une partie P3 (la petite fille malheureuse, disons qu’elle a maintenant 10 ans) et une partie P’3 qui tente de la protéger. Voici maintenant un troisième char d’assaut, qui s’attaque aux deux premiers, en hurlant :

« J’en ai marre de vos bagarres, c’est invivable ! »

C’est totalement inefficace, mais c’est quand même là.

 

Quand P’3 se déclenche-t-elle ? Chaque fois qu’une situation difficile pour Estelle la replace dans ses contradictions, dans ses déchirures. Et on peut compter sur la Loi d’Attraction pour lui apporter souvent de telles situations, de plus en plus souvent. Donc P’3 aura de multiples « descendants », tous habillés de « couleurs » différentes, selon la situation qui les a générés.

 

 

P4, P’4, et les autres…

On continue : P4 et P’4 se forment quand Estelle, alors âgée de 12 ans, s’étale de tout son long à une compétition sportive organisée (et imposée) par son collège. Normal, qu’elle tombe :

  • elle fait la compétition parce que le collège (et P’2) l’y obligent.
  • Et elle échoue lamentablement pour rassurer P’1.

 

P5 et P’5 naissent le jour où Estelle, en essayant de danser, marche sur les pieds du beau jeune homme qui la faisait rêver.

  • P’2 lui avait dit : « bouge-toi, sois normale, va danser comme tout le monde »
  • Et P’1, bien sûr, le lui interdisait.

On se dispensera de continuer, cette pauvre Estelle est déjà arrivée à P1000 et P’1000. Résultat :  elle  « D’ » (J’avoue, elle était facile, celle-là ????.)

 

 

Alors, que faire ?

D’abord, voici ce qu’il ne faut pas faire. En vouloir à sa mère à cause de son angoisse, ou aux enfants qui se moquent d’elle, ou à la société, ou à qui que ce soit, revient à vouloir briser le miroir parce qu’on y voit le bouton qu’on a sur le nez : aucune efficacité, à part aggraver la casse qu’il y a déjà.

 

Tout ce que nous percevons est miroir d’une partie de nous, j’en suis de plus en plus persuadée. De même que nous reflétons des parts des autres : si c’est des parts qu’ils n’aiment pas, ils vont peut-être nous faire des reproches ; une meilleure idée en ce qui les concerne serait d’aller guérir ces parts d’eux-mêmes qu’ils refusent.

 

Tout ce que nous percevons reflète une part de nous. Beaucoup de situations difficiles dans la vie d’Estelle sont des réactivations du conflit entre P’1 et P’2.

La solution idéale serait de réconcilier P’1 et P’2, comme il aurait été facile de le faire quand elle était petite (voir plus haut).

 

Mais : il est fréquent que certaines de ces réactivations aient été tellement douloureuses qu’elles ont occulté tout ce qui s’est passé avant.

Appelons P50 et P’50, puis P60 et P’60 quelques parties d’Estelle issues des pires réactivations.

Son thérapeute lui demande :
– Tu ne dors plus de la nuit à l’idée d’inscrire ton fils au karaté. Qu’est-ce que ça t’évoque ?

Estelle raconte l’événement qui a généré P60 et P’60 : sa tentative de faire du judo, au collège. Elle s’était sentie tellement ridicule que dès la troisième séance, elle n’y est plus retournée (en fait, elle s’est forcée à suivre ces cours, pour satisfaire P’2, et elle s’est rendue « ridicule » pour rassurer P’1 et arrêter ces cours : c’est toujours le même schéma).

Elle travaille sur cette humiliation, et commence à se regarder avec davantage de bienveillance.

 

Alors P50 et P’50 remontent à la surface, pour être guéris eux aussi.

– Après, il va lui falloir 49 autres séances ?

– Non, heureusement. Ces situations douloureuses sont toutes des échos de la bagarre entre P’1 et P’2. Mais ces « échos » étaient tellement bruyants qu’ils dissimulaient le problème originel : il aurait été trop pénible d’y toucher directement. Toujours pour protéger Estelle, son inconscient serait monté au créneau avec toutes sortes de résistances, diverses et variées. Très créatif et bienveillant, l’inconscient, toujours…

 

Il va falloir remonter progressivement dans le temps jusqu’à apaiser cette fameuse bagarre. Et surtout apaiser vraiment P1, la pauvre petite fille qui croit qu’il lui est interdit d’explorer le monde; c’est elle, le centre de tout cet échafaudage. Comme la Belle au Bois Dormant, elle sommeille au sommet d’une montagne, couverte de ronces entremêlées depuis tant d’années qu’elles paraissent un siècle. (les ronces symbolisent les Gardiens générés à chaque réactivation  de la situation initiale).

Il se peut aussi qu’en commençant à apaiser P1, on fasse remonter une situation P40 / P’40, On guérit cette situation, puis on retourne apaiser P1, et ainsi de suite. Mais chaque guérison partielle rend le poids total de moins en moins lourd à porter.

 

 

Et s’il n’y avait pas eu P2-P’2 ?

Si la Belle n’avait pas rencontré la fée Carabosse ?

Elle l’aurait probablement croisée tôt ou tard, dans cette vie ou dans une autre. En attendant, elle aurait été « bien dans le moule », obéissante, soumise dans sa prison dorée. Elle aurait toujours été « bien sage », figée, statufiée comme l’ont été beaucoup d’aristocrates du temps passé, emprisonnées dans leurs corsets et leurs « bonnes manières ».

 

 

Elle aurait épousé un prince « pas très charmant », ils auraient vécu pas très heureux, et ils auraient eu des enfants, pas très heureux non plus.

 

 

Quel est le sens de tout cela ?

Celui qu’on veut bien lui donner.

En ce qui me concerne, je vois de plus en plus la vie comme une pièce de théâtre (avec beaucoup d’impro), ou un jeu vidéo : en s’incarnant, l’âme choisit un décor et des partenaires principaux.  Dans ce contexte, le jeu consiste invariablement à exprimer notre Lumière, et à percevoir celle des autres.

 

On joue toujours à plusieurs : l’âme d’Estelle, en s’incarnant, a cherché des parents avec qui elle pourrait jouer à « Comment exprimer ma Lumière dans un contexte de gens surprotecteurs ? ». Elle a trouvé un couple où la maman cherchait à guérir une vieille angoisse. Estelle, pleine d’envies d’aventures, pouvait l’y aider, en la confrontant fréquemment à cette peur.

 

J’avais choisi le prénom d’Estelle « au hasard », pour illustrer cet article où il est question de faire briller sa Lumière : je réalise maintenant qu’il signifie « étoile ».

 


 

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