J'aime l'EFT

« Stress scolaire »… chez les adultes.

 

On s’imagine souvent que les problèmes d’école s’arrêtent avec l’école.

Comme s’ils n’avaient aucune incidence sur la vie d’adulte.

Et pourtant…

 

 

 

 

Le fantôme des profs de maths

Il y a longtemps, très longtemps, bien avant d’être thérapeute, j’ai donné des cours particuliers de mathématiques. J’ai adoré cette expérience… sans doute parce que cette relation individuelle ressemblait un peu à une thérapie. Eh oui, ma vocation se dessinait déjà.

 

Durant cette période, le même événement m’est arrivé plusieurs fois, un événement qui me surprenait toujours :

Je bavarde tranquillement avec une nouvelle connaissance, nous échangeons sur divers sujets, jusqu’à aborder la question de nos métiers respectifs. Ce qui donne :

– Tu fais quoi ?

– Je suis prof de maths.

– Aaaaargh !

Mon interlocuteur verdit, recule d’un mètre, l’air terrorisé comme s’il venait de voir un revenant. J’exagère à peine….

 

En fait, il avait bien vu un « fantôme », celui de son passé de trop-math-isé, traumatisé par les maths.

A peine remis de ses émotions, tout juste s’il ne vient pas pleurer sur mon épaule : « Tu sais, mon prof de maths de 6e… », « Tu sais, quand je n’ai pas su faire mes additions en CP… », « Tu sais, quand on m’a dit que je ne réussirai jamais dans les matières scientifiques… ». (pas grave : on a dit la même chose à Einstein. Sans blague.).

 

Peut-être qu’il pensait à l’opinion de ce prof, ce jour-là…

 

Ah, si seulement j’avais connu l’EFT à cette époque… tous ces gens en auraient eu bien besoin. « Tous ces gens », oui : 5 ou 6 personnes au moins ont réagi ainsi.

 

Les profs de maths fouettent-ils leurs élèves ?

Sérieusement, on m’a posé la question presque de cette manière. Des parents téléphonaient pour un premier rendez-vous, et tournaient autour de la question des châtiments corporels. D’autres m’autorisaient à taper sur leurs enfants s’ils ne travaillaient pas assez.

Oh la laaaaa…. Il n’y en a pas eu beaucoup comme ceux-là, heureusement, mais il y en a eu.

J’ai raconté ces histoires à une amie qui donnait des cours d’anglais : on ne lui a jamais posé de questions pareilles.
Les maths semblent vraiment une matière maudite : le n°1 au hit-parade des terreurs scolaires.
Le support de tous les fantasmes…

 

Mais il n’y a pas que les maths, loin de là. La plupart des « stress scolaires » remontent à des événements comme celui qui est décrit ci-dessous, qui pourraient s’appeler « la torture du tableau noir ».  Parmi ce que m’ont raconté mes clients, viennent aussi en bonne place : l’attente d’une note, d’un résultat d’examen, ou la réception d’un bulletin scolaire. Ou encore l’angoisse pendant un contrôle.

Et on verra plus bas à quel points ces stress scolaires ont une influence sur la vie adulte… tant qu’ils ne sont pas guéris.

 

 

La situation « de base » : un exemple-type

L’histoire ci-dessous est une histoire-type, reconstituée à partir de ce que m’ont raconté :

  • des enfants de mes groupes de rattrapage quand j’étais instit spécialisée
  • et des clientes, depuis que je suis thérapeute EFT.  Beaucoup de blocages de leur vie actuelle, d’adultes, remontent souvent à de telles situations vécues des dizaines d’années auparavant.

 

Max, 6 ans, est en CP. Il a envie d’apprendre à lire, … mais il a aussi envie de jouer, normal.

Un beau matin, il se retrouve au tableau, et sèche lamentablement. La maîtresse s’énerve, les autres enfants se moquent de lui. Il finit par retourner à sa place, humilié et triste comme jamais.

Pire encore, il ne trouve pas à la maison l’écoute dont il aurait eu besoin.

Alors, son inconscient va gérer le problème, dans le but que Max ne soit plus jamais, jamais, aussi malheureux.

L’inconscient de l’enfant va conclure que passer au tableau, c’est terriblement dangereux ; apprendre à lire aussi, dans une certaine mesure.

Très logiquement, des parties de Max (qu’on appellera Protecteurs) vont décider :

  • d’éviter au maximum de passer au tableau. Il est donc probable que l’enfant participe beaucoup moins en classe, qu’il ne lève la main que quand il est absolument certain de ne pas faire d’erreur. Et quelques erreurs plus tard, de ne plus du tout demander la parole dans un contexte scolaire.
  • et même d’éviter autant que possible d’apprendre à lire.

 

Et c’est ainsi que sans pour autant finir analphabète, Max va développer de nombreux réflexes inconscients qui se résument à : « lire => stress », « école => stress », « faire une erreur = danger »….

Ce qui ne facilite pas les apprentissages.

 

J’ai vu très souvent les conséquences de ce type de situation chez des adultes, depuis que je suis thérapeute. En voici quelques exemples.

 

 

Banquier et tableau noir

Sylviane, 50 ans, gère avec enthousiasme des gîtes ruraux sur la côte normande. Elle est dynamique, organisée, et elle adore son métier. Toujours … sauf quand elle doit aller voir son banquier.

Un rendez-vous prévu avec ce « terrible Père Fouettard » la perturbe au point qu’elle me demande une séance d’EFT à ce sujet.

Pourtant ses comptes sont à jour, elle gagne bien sa vie, elle souhaite juste demander un prêt pour développer son entreprise. Mais … elle ne dort pas de la nuit pendant une semaine : « Et s’il y avait une erreur dans mes calculs ? Que va dire le banquier ? Que va-t-il penser de moi ? Et s’il refusait mon crédit en disant que je suis une mauvaise gestionnaire… ».

 

Au cours des séances, les clients décrivent une situation qui leur pose problème. Puis nous cherchons ensemble une situation qu’ils ont vécu, avec un ressenti analogue, aussi ancienne que possible. Celle-ci sera à la base d’une ronde d’EFT.

 

Sylviane s’est retrouvée des années en arrière, au tableau, s’embrouillant de plus en plus devant une longue addition. Les réactions de la maîtresse et celles des autres enfants (réelles puis amplifiées par son imagination) ont aggravé sa peur : cercle vicieux.

Puis quand elle est rentrée en pleurant chez elle, on lui a répondu qu’elle n’avait qu’à mieux apprendre ses leçons.

 

La « cible » était la bonne : 10 minutes d’EFT plus tard, Sylviane pensait en souriant à son « gentil banquier », se voyait toute guillerette en route vers la banque… Le lendemain, le rendez-vous s’est très bien passé ; et elle a obtenu son prêt !

 

 

« Les x et les y »… et l’administration.

En parlant à une amie des difficultés des collégiens avec les maths, je lui dis qu’en plus des blocages émotionnels, ils ne savent pas non plus de quoi on leur parle. Pour eux, le langage mathématique, qu’ils appellent « les x et les y », c’est pire qu’une langue étrangère qu’ils n’ont jamais apprise. Je demande naïvement :

– Tu as compris, toi, « les x et les y » ?

– Aaaargh !

Bon, je connais ce cri : encore une trop-math-isée.

Elle continue :

– « Les x et les y », quelle horreur ! C’était mon cauchemar quand j’étais au lycée… Tout ce qui concernait les maths, d’ailleurs.

 

Elle connaît bien l’EFT et l’apprécie. Elle sait aussi que derrière une réaction aussi disproportionnée, il y a un blocage. Et que tous les blocages ont des conséquences dans la vie actuelle, même quand on ne sait pas lesquels.

 

L’EFT pour apprivoiser le Monstre  » x et  y »

Pour décoincer ce blocage, je lui propose de commencer à lui expliquer « les x et les y », en convenant que nous ferions de l’EFT à la moindre montée d’émotion.

« Les x et les y »‘, plus exactement la notion de variable, est un concept qui a révolutionné les mathématiques au XVe siècle. On le retrouve partout en algèbre, c’est-à-dire à la base de tout le programme de maths du collège et du lycée.

C’est très simple et d’une efficacité magique… quand on a compris. Autrement, faire des maths revient à faire des exercices en chinois, sans parler le chinois.

 

Pour en revenir à mon amie, quelques « aaaargh » et quatre ou cinq rondes d’EFT plus loin, elle a fini par triompher du monstre  » x et  y »… en une heure à peu près. Puis elle a dit :

– Ce n’était que ça ?

– Bah oui.

 

Le plus intéressant de l’histoire, c’est que quelques heures plus tard, elle m’a envoyé un mail pour dire : « J’ai enfin fini ce papier administratif que je procrastinais depuis des mois. Je n’ai aucune idée du rapport entre ça et les  » x et  y », mais je sens bien qu’il y en a un ! ».

 

 

Et encore d’autres…

Que dire d’Axelle, toujours réprimandée en classe à cause de son orthographe, qui à 35 ans, procrastinait des heures avant d’envoyer le moindre mail ? de Philippe, dont la dyslexie s’est levée en une séance (normal, quand on est tétanisé de peur, les lettres se brouillent devant les yeux) ? de Laurence, dont le mail d’avant-séance était parfaitement écrit sauf … quand elle y parlait de sa scolarité : là, j’y ai vu 4 fautes d’orthographe en deux lignes.

 

Derrière ces symptômes plus ou moins handicapants, il y a presque toujours la même histoire : des humiliations / souffrances / paniques au cours de certains apprentissages, un manque de soutien ensuite, ou un soutien inefficace.

 

Alors, comme un petit fantôme, l’enfant blessé répète sans cesse la même plainte dans les sous-sols de l’inconscient.

Jusqu’à ce qu’il puisse exprimer vraiment son ressenti, sans être interrompu par des « bonnes paroles » telles que « C’est pas grave, tu verras, ça va passer… » . Pourtant, les anecdotes ci-dessus montrent bien que ça ne passe pas toujours tout seul ! 

 


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