Football et psychologie : un thème de réflexion important quand on voit les dégâts causés par des hooligans, anglais ou non, quand ils veulent « fêter » la victoire de leur équipe favorite. Ou même quand on se demande pourquoi des jeunes sacralisent à ce point un groupe de sportifs.
Drames liés au foot : quand le foot est fou
Le football a été marqué par de nombreux drames liés aux supporters. En voici quelques-uns, il y en a bien d’autres.
- Le 1er juin 2025 (date où j’écris cet article), après la victoire en Ligue des champions, des affrontements ont causé deux morts, 201 blessés et près de 300 interpellations.
- En 1985, le drame du Heysel, avant la finale Liverpool–Juventus, fait 39 morts suite à un mouvement de foule provoqué par des hooligans.
- En 1989, à Hillsborough, 97 supporters de Liverpool meurent écrasés contre des grilles.
- En 2012, en Égypte, 74 personnes perdent la vie après un match à Port-Saïd, dans des affrontements violents.
- En Afrique, plusieurs stades ont connu des bousculades meurtrières, notamment au Ghana en 2001 (plus de 120 morts).
Ces tragédies révèlent les dangers liés à la passion démesurée, la mauvaise gestion des foules, l’insécurité et parfois l’instrumentalisation politique du sport. Le football peut rassembler, mais aussi diviser et déchaîner des violences terribles.
Dangers des séparations en groupes rivaux
Quelques expériences montrent à quel point une structure faite de deux groupes peut vite dégénérer.
Dans l’expérience de psychologie sociale de Muzafer Sherif (expérience de Robbers Cave, 1954), on forme deux groupes d’enfants avec noms, symboles et activités séparés. Très vite, malgré des origines communes, des rivalités violentes apparaissent : insultes, vols, agressions.
Les deux films ci-dessous (La Vague et L’expérience) ont été créés à partir de situations similaires, réelles, qui ont eu chacune des conséquences dramatiques. Cela montre à quel point l’identité de groupe, même artificielle, peut générer conflit et hostilité.
Film La Vague
Un professeur d’histoire allemand lance une expérience en classe pour illustrer les mécanismes du totalitarisme. Il crée un mouvement appelé La Vague, avec nom, uniforme, salut, et esprit de groupe.
Les élèves s’enthousiasment, mais la dynamique dégénère rapidement : pression sociale, rejet des non-membres, comportements autoritaires.
L’expérience échappe au contrôle du professeur et devient dangereusement réelle.
Le film montre comment des jeunes ordinaires peuvent, en quelques jours, basculer dans le fanatisme dès qu’un groupe structuré leur donne un sentiment d’appartenance, de puissance et d’ordre.
La Vague s’inspire d’un fait réel survenu aux États-Unis en 1967.
Film L’Expérience
Inspiré de l’expérience de Stanford (Zimbardo, 1971), L’Expérience arrive aux mêmes conclusions : dès qu’il y a rencontre de deux groupes, même formés sur des bases imaginaires, il y a un risque de conflit. Dans cette « expérience », des hommes volontaires sont divisés en deux groupes après tirage au sort. : des gardiens et des prisonniers, dans une simulation de prison.
Très vite, les gardiens abusent de leur pouvoir, deviennent violents et humiliants. Les prisonniers, d’abord résistants, finissent soumis ou brisés.
Le film montre comment des individus ordinaires, placés dans un cadre hiérarchique strict, peuvent se transformer en tortionnaires ou en victimes. Le rôle social, l’anonymat, et l’absence de limites morales mènent au chaos.
L’Expérience est un huis clos intense sur les dérives de l’autorité et la fragilité de la morale individuelle.
Pourquoi un individu participe-t-il à un groupe ?
À l’époque préhistorique, faire partie d’un groupe était une condition de survie. Hors de la horde, on n’avait presque aucune chance de s’en sortir.
Cet instinct de groupe est encore très présent aujourd’hui, logé dans notre inconscient collectif.
Les raisons d’adhérer à un groupe sont variées :
- partager des idées (comme dans un parti politique),
- poursuivre un objectif (association, cause),
- suivre un leader — qu’il soit réel, imaginaire ou mythique —,
- vivre un idéal commun
- ou se rassembler autour d’une origine commune (patriotisme, attachement régional…).
Mais il y a une différence essentielle : quand c’est l’objectif qui prime, les membres s’identifient d’abord au projet, et non aux autres membres du groupe.
Ils coopèrent pour une cause qui les dépasse, ce qui fonctionne mieux dans des groupes tournés vers la croissance personnelle ou spirituelle.
Et là encore, tout dépend de la structure du groupe : est-elle autoritaire, ou bien vraiment participative et bienveillante ?
Voyons maintenant ce qui se passe dans un type de groupe très populaire : les groupes de supporters.
Football et psychologie : les groupes de supporters
On a vu que faire partie d’un groupe est un besoin fondamental, ancré depuis la Préhistoire. À la limite, peu importe quel groupe, pourvu qu’il apporte ce qu’on attend.
Mais qu’attendent les supporters, justement ?
De ce que j’en comprends (sans être moi-même supporter de qui que ce soit 😉 ) , ils recherchent :
– Un sentiment de sécurité, d’appartenance.
– Le fait de se sentir reconnu, soutenu. Tous veulent la victoire de leur équipe, donc chacun est automatiquement approuvé. C’est agréable… même si, à mes yeux, ça ne fait pas vraiment évoluer l’humanité. 😉
– Pas de subtilités, pas de débats : c’est binaire. On veut que « notre » équipe gagne, point.
– Et surtout : c’est un des rares endroits où on peut se lâcher émotionnellement ! On crie, on pleure, on explose de joie ou de colère… et souvent, ce n’est pas seulement lié au match. C’est une soupape pour tout ce qu’on a contenu : les déceptions, le stress, les frustrations personnelles.
Ce n’est pas une thérapie, bien sûr. Mais c’est déjà une manière — partielle, imparfaite — de relâcher la pression.
Cela dit… la danse, le sport, ou mieux encore une vraie démarche thérapeutique, seraient nettement plus efficaces !
Pourquoi chercher un groupe de cette manière ?
Quelqu’un peut souhaiter intégrer un groupe pour de nombreuses raisons :
– S’il se sent seul dans son travail, son quartier ou même dans sa famille, il peut chercher une communauté où se sentir enfin exister.
– S’il est en opposition avec ses groupes « naturels » (famille, école, collègues…), il se tourne vers un autre clan où il se sent mieux accueilli. C’est souvent le cas chez les ados ou jeunes adultes — la majorité des hooligans ont entre 16 et 25 ans.
– Même dans une famille aimante, il peut avoir soif de quelque chose de plus fort émotionnellement.
– Et puis la société occidentale souffre globalement d’un vrai manque de contact physique. On ne se touche plus beaucoup… alors qu’on en a profondément besoin.
Dans les stades, ce besoin s’exprime parfois quand on tombe dans les bras les uns des autres, en pleurant de joie ou de rage, après un but ou une défaite.
Mais ce besoin de contact, d’intensité, peut parfois basculer dans quelque chose de plus sombre.
Pourquoi le passage à la violence (hooliganisme) ?
– Il paraît qu’il vaut mieux la violence que l’indifférence. Le goût de la baston, c’est peut-être aussi une recherche de contact. D’ailleurs, on dit bien « aller au contact ».
– accumulation de colère rentrée, qu’on ne sait pas exprimer sans faire de mal. Alors elle explose dans des bagarres. C’est un exutoire, pleinement validé par le groupe.
Dans le film Hooligans, le personnage principal, au moment où il découvre le groupe de supporters, dit : « Mais je sais pas me battre. » Son nouveau « copain » lui répond : « Sors ta haine. » Tout est dit.
– à ce stade, le jeu ne consiste plus à soutenir une équipe. Il consiste à être le meilleur bagarreur. Le groupe devient une meute. Le chef est alors celui qui fait le plus de dégâts, et qui guide bien sa bande vers les lieux où semer le chaos.
– petits bonus : dans ce genre de bagarres, si on passe devant un magasin de sport ou une bijouterie… on se sert. Pour soi, ou pour revendre.
– on peut même se convaincre qu’on se bat contre l’injustice sociale. Que c’est légitime de se venger. Et effectivement, si on ne connaît pas la Loi d’Attraction, et qu’on est moins riche que d’autres, on n’a qu’une explication : « la société est injuste, je suis une victime. Donc j’ai le droit de me venger. Mieux : je suis juste en le faisant. Et lâche si je ne le fais pas ».
– Un défi à l’autorité — représentée par les policiers, ou parfois l’arbitre. La violence devient alors une fierté : « celui qui me contrarie mérite des baffes. Et je suis fier de lui en donner, parce que je suis très fort ».
Spiritualité sans étiquette et sans dogme
On a parlé du manque de contact humain, de relation apaisante et constructive. Du manque d’outils pour exprimer la colère sans tout casser. Mais le plus grand manque, celui qui est à la racine de tous les autres, c’est le manque de Connexion à notre divinité intérieure.
Quand on croit que nous sommes réduits à un corps physique et à un mental, on n’a rien pour s’appuyer quand ça va mal. Du coup, la reconnaissance des autres devient essentielle.
Et partager les croyances dominantes de son entourage aussi : on doit les adopter pour ne pas être rejeté.
Et puis, si ces croyances mènent à des comportements violents… tant pis, que ne ferait-on pas pour garder ses copains.
J’insiste sur l’idée de « spiritualité sans étiquette ». Parce qu’une spiritualité avec étiquette crée des divisions : comme on vient de le voir à propos de tout groupe trop structuré. Les guerres de religion ne sont que la forme extrême de ce mécanisme.
Ne pas connaître la Loi d’Attraction empêche de se transformer intérieurement. On croit alors qu’il faut lutter, forcer, se battre pour atteindre nos objectifs.
Et si l’on ignore qu’on a une Sagesse Intérieure, on finit par projeter la divinité à l’extérieur.
D’où l’adoration de « dieux du stade », qu’on imagine supérieurs à nous. Alors que chacun est — profondément — un Être Infini.
Que pourrait être un football qui va bien ?
À la base, le football, c’est un JEU.
Un jeu où on JOUE, où on S’AMUSE, ensemble. Ce n’est pas ce qu’on observe actuellement…
Ce jeu pourrait être formateur. Il pourrait permettre de développer la coordination au sein d’un groupe, l’écoute de l’autre, la solidarité.
À une condition : que les équipes ne soient pas fixes.
Comme dit dès le début, dès que deux groupes sont face à face, tôt ou tard, ils finissent par se détester et se battre— au moins symboliquement.
Une idée pour que le foot reste un JEU
Mais si 23 gamin.e.s du même village jouent, et qu’à chaque partie les équipes et l’arbitre changent, l’ambiance restera sympa. Ils apprendront vraiment, progresseront ensemble, deviendront de meilleurs joueurs… et seront plus heureux.
Oui, mais…
Que deviendront les intérêts financiers démentiels du foot ?
Et ceux qui n’auraient plus de défouloir ?
Aucun président ne survivrait à une réforme de ce genre. Pire que s’il mettait la retraite à 90 ans et le SMIC à 100 euros.
Oui, on en est là.
Mais il est toujours utile d’émettre de l’énergie pour co-créer un monde qui va mieux. Toujours utile d’imaginer ce qu’il pourrait devenir.
Il est indispensable de se rappeler ceci : pour que le monde aille bien, nous devons considérer que notre tribu, notre « équipe », c’est l’Univers entier.
Pour aller plus loin
Nous sommes conditionnés jusqu’à la moelle, et il est essentiel de s’en défaire de plus en plus. En commençant par les plus douloureux et les plus urgents.
Je vous propose un accompagnement individualisé, où en quelques séances, vous vous défairez plus facilement des injonctions qui vous étouffent, et autres croyances et émotions limitantes.
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