Le RIC (2) : des critères de communication.

J’ai pensé choisir comme titre : « Le RIC : quelles questions poser ? ». Je me serais peut-être faite incendier par certains : « On doit pouvoir poser les questions qu’on veut ! Personne n’a le droit de décider à notre place ! »

Pourtant, ces deux phrases ne sont pas indissociables :

  • « Personne n’a le droit de décider à notre place. »  D’accord, complètement. Tous les points de vue doivent être pris en compte.
  • « On doit pouvoir poser les questions qu’on veut. » : cela n’a rien à voir. Et si au lieu d’être des personnes qui décident des questions à poser, on en décidait en fonction de critères précis, visant à une bonne communication ? (ce qui ne veut pas dire qu’on l’obtiendra toujours, mais on augmentera nos chances d’y arriver).

Quels sont les critères visant à une bonne communication ?

– Qui décidera de ces critères ?
– Je re-précise : aucune personne ne doit prendre le pouvoir là-dessus. Autrement, on retombe dans les jeux de pouvoir qui transforment l’humanité en poudrière depuis des siècles. Je parle de critères, pas de personnes.

Des outils très efficaces

Depuis des siècles, la communication consistait surtout à crier plus fort que l’autre, voire à taper plus fort (surtout à montrer qu’on pouvait le faire, d’où le concept de jeu de pouvoir).

Nous (l’humanité dans son ensemble) ne sommes donc pas experts en la matière, mais de magnifiques outils commencent à se développer :

  • la CNV (Communication Non Violente). En l’utilisant, Marshall Rosenberg a pu contribuer à un dialogue fructueux entre des Hutus et des Tutsis, des Israëliens et des Palestiniens… vous vous doutez que ce n’était pas gagné au départ ! (Marshall, reviens !!!!….)
  • les neurosciences : elles ont mis en évidence le rôle du cerveau rationnel et du cerveau émotionnel. La première chose à en conclure en matière de communication : ne surtout pas déclencher les foudres du cerveau reptilien de l’interlocuteur ! Réaction en chaîne assurée, et logique envolée… pour longtemps.
  • et l’EFT, bien sûr. Qui sert précisément à éteindre les incendies de cerveau émotionnel, et à empêcher leur déclenchement.
  • Un autre outil, introduit au XIXe siècle par des mathématiciens, c’est la notion d’axiome. Utilisée dans une discussion, elle permet de clarifier notre propre pensée, et de mieux comprendre celle de notre interlocuteur. Je l’ai utilisée dans cet article (Mes points d’appui : une base de discussion, bilan 2018), après une discussion sur Facebook, qui risquait de tourner vinaigre.
  • Autre notion à prendre en compte : le fait de poser les bonnes questions, celles qui amènent vraiment à avancer sur l’objectif qu’on s’est fixé. J’en parle au paragraphe suivant.

Bien poser les questions… pas si simple.

Je re-re-dis : je ne souhaite vraiment pas qu’une « autorité suprême » décide des bonnes ou « mauvaises » questions.

Voilà : le but de ce rappel est d’éviter un incendie de cerveau émotionnel : il a tellement d’associations d’idées préfabriquées ! (chez tous, hein, moi aussi : 10 000 fois par jour… mais j’me soigne 😉  ).

On ne cherche pas QUI doit décider si une question est « bonne » ou non, mais SELON QUELS CRITERES ON POURRA EN DECIDER.

Je propose les critères suivants (vous avez toute la zone « commentaire » pour exprimer votre point de vue; je vous répondrai avec plaisir).

1. Est-ce que telle question va provoquer beaucoup d’ébullitions de cerveau émotionnel ? Si oui, adieu à tout espoir de discussion logique et bienveillante. (parce que quand le cerveau émotionnel se croit en situation d’urgence, il coupe toute communication avec la logique et l’intuition… mal parti, pour une discussion efficace, non ?).

2. Est-elle suffisamment claire et bien posée pour qu’on arrive à une réponse qui fasse sens ?

3. Quelles failles dans la question peuvent conduire à une perversion des résultats ? 

On détaillera ces deux derniers points de vue à travers des exemples dans le prochain article : Le RIC (3) : Poser des questions efficaces

Une vidéo intéressante, sur les points qui amènent (ou pas) à un débat public réussi

Ce que j’ai écrit jusque là est issu des mes réflexions personnelles (y compris les 2 articles suivants : 3 et 4).

Cependant, je viens de trouver cette vidéo (Qu’est-ce qu’un débat réussi ?), qui donne des pistes pour mener un débat; je la trouve complémentaire au texte ci-dessus. Elle fait partie d’un article du monde « Grand débat national : ce qui pose problème ». J’en fais un condensé, et je note mes réflexions en italique.

Deux associations interviennent; elles sont spécialistes de l’organisation de débats à grande échelle.

  • la CNDP  (Commission Nationale du Débat Public). A 1′ sur la vidéo : cette autorité administrative indépendante a organisé de nombreux débats publics, dont l’un concernant la taxe carbone. 1’30 : Dès juin 2018, elle avait prévenu le gouvernement qu’il s’agissait d’un sujet sensible, risquant de provoquer de nombreuses manifestations si le projet était mis en oeuvre (bien vu !)
  • « Décider ensemble » : un thinktank transpartisan, présidé par deux parlementaires (Mouvement radical et LREM… pas si transpartisan que ça, je trouve; mais ce qui est dit dans la vidéo est quand même intéressant. 

Le CNDP a établi une méthode conseillée au gouvernement, pour le Grand débat national.  Il l’a en partie utilisée (réunions locales, contributions en ligne, stands de proximité, conférences régionales). Mais en partie seulement… Le point de vue du CNDP est énoncé dans cet article de quelques lignes : « Le divorce est prononcé entre la Commission nationale du débat public (CNDP) et le Gouvernement. Lundi 14 janvier, sa présidente, Chantal Jouanno a rendu public le rapport de fin de mission. Manque d’impartialité et d’écoute sont parmi les reproches formulés ». contre le Gouvernement ».

Des représentants du CNDP et de « Décider ensemble », ainsi que Tristan Réchid, militant de la démocratie participative, ont été interviewés sur les points suivants  :

  • l’indépendance des débats (2’20) : très douteuse, car tout est géré par les ministères… 
  • la clarté du processus et de son objectif (4’15); le CNDP et « Décider ensemble » soulignent le fait que rien ne prouve que ce qui aura été dit sera entendu : « il est essentiel de dire comment on tient compte des contributions des citoyens » (5’40)
  • l’accessibilité de l’information, claire, neutre et contradictoire (6′) : pour que tous les participants puissent prendre part aux débats, même les plus techniques. Tristan Réchid suggère que des habitants soient tirés au sort, et formés sur ces sujets. A condition bien sûr que les experts soient issus d’horizons divers. La directrice de « Décider ensemble » prend l’exemple de la question « Pour ou contre le vote blanc », en soulignant que, pour un choix éclairé, il faudrait des informations sur son impact, ce que ça change de le reconnaître.

Je viens de discuter avec quelqu’un qui avait participé à un Grand débat, en région parisienne : la salle était organisée en différents ateliers, permettant une discussion réellement libre, pour ce qu’il en a observé.

Il a trouvé ce moment passionnant : sans illusion sur son efficacité au niveau des remontées vers le gouvernement, il a conclu néanmoins « Ce qui plaisait aux participants, ce dont nous avons tous besoin, c’est de dialoguer, d’échanger, de réfléchir ensemble ».

Je suis bien d’accord avec lui.

Beaucoup d’autres SOLUTIONS qui visent à rendre le monde plus heureux, dans ce groupe Facebook (gratuit) :

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