2. Blessure d’abandon : croyances, émotions

 

Vous trouverez quelques idées de base, et de plus en plus de solutions (protocoles EFT) dans l’article précédent : « 1. Blessure d’abandon : définitions, exemples et solutions« . Par la suite, plusieurs autres articles vont encore traiter de ce sujet.

 

Avant de parler de croyances, il est important de faire la différence entre la notion de besoin et celle de stratégie.

 

En effet, des croyances toxiques sont à la base de toute stratégie inefficace et douloureuse.

Le point clé, c’est que :

  • les besoins (principalement : sécurité, expression, donner / recevoir) sont indépendants des circonstances et des personnes.
  • Ce qui est lié à ces dernières, c’est les stratégies.

 

Ce qui détermine les stratégies d’une personne pour satisfaire ses besoins, c’est ses croyances, souvent inconscientes. Ses croyances servent à lui éviter des émotions douloureuses, mais elles génèrent aussi des émotions… pas toujours agréables non plus, ça dépend des circonstances.

 

Pour le « dépendant », son « Parent Symbolique » représente son unique stratégie de survie… quitte à retrouver un autre « Parent Symbolique » si la séparation tellement redoutée s’est réellement produite.

 

Être dépendant d’une personne, c’est CROIRE que tel ou tel de nos besoins fondamentaux ne peut être satisfait que par elle. D’où la terreur qu’elle nous abandonne (ce qui nous ferait ressentir de nouveau les émotions désastreuses qui ont été à la base de telles croyances).

 

 

En conséquence, une partie de nous est prête à accepter tout ce que cette personne pourrait souhaiter, pourvu qu’elle ne nous abandonne pas. (On pense à la chanson de Jacques Brel : Ne me quitte pas. Mais la réalité est moins poétique…).

Et elle est terrifiée d’avance à l’idée de ce qui pourrait se passer si on ose s’opposer à cette personne : en particulier si elle écoutait ce que souhaite le Meilleur d’elle-même.

 

 

Les croyances sont « collées » par des peurs

Nos croyances sont « collées » à nous par des tonnes de peurs irrationnelles, héritées de notre passé. De plus, ces peurs augmentent avec le temps, puisqu’elles s’agglutinent les unes aux autres.

Vous trouverez plus bas une liste de certaines croyances qui sous-tendent une blessure d’abandon, en commençant par les deux croyances de base.

 

Auparavant, petit rappel sur le vocabulaire utilisé :

 

« Le dépendant » et son « héros »

  • on emploie le mot « dépendant » pour parler de quelqu’un qui souffre de blessure d’abandon (explication beaucoup plus nuancée ici)
  • le mot « héros » ou « Parent Symbolique » désigne principalement celui dont le « dépendant » croit qu’il ne peut pas se passer. Mais aussi la projection qu’il fait sur à peu près n’importe qui.

 

 

Les deux croyances de base

  1. Mon bonheur dépend de mon « héros ».
  2. Mais il risque de m’abandonner; si cela se produit, je vais encore terriblement souffrir.

 

Ces croyances déterminent des stratégies fondamentales : tout faire pour éviter le risque d’abandon par le « héros ». (ou tout faire pour en trouver un).
Le « dépendant » devient donc son prisonnier volontaire (et reconnaissant !), en justifiant son attitude par une foule d’autres croyances.

 

Des croyances qui en découlent

 

Sur la valeur personnelle / la liberté / les capacités du dépendant : 

  1. Je n’ai de valeur que si quelqu’un (un Parent symbolique) reconnaît ma valeur.
  2. Je n’ai le droit d’agir qu’avec l’autorisation de ce Parent symbolique.
  3.  Mon seul moyen pour me sentir bien c’est qu’il reconnaisse ma valeur, en se comportant de certaines manières précises (différentes selon chacun).
  4. Je ne suis rien sans mon Parent symbolique). Donc je n’ai aucune compétence sans sa « bénédiction », je suis perdu sans lui.
  5. Je n’ai de valeur, et / ou je ne peux gérer librement ma vie que s’il a telle attitude vis-à-vis de moi.
  6. le seul moyen « autorisé / possible » pour moi de résoudre un problème, c’est d’être aidé par quelqu’un, de préférence mon Parent Symbolique (sinon un substitut).
  7. Ma seule solution pour faire ceci, pour ressentir cela, c’est que Untel ait telle attitude.
  8. Il est impossible (inimaginable au sens propre) d’être aimé ET d’être libre. C’est : relation OU liberté, jamais les deux à la fois.

 

Sur les dangers de se libérer de cette prison à deux

  1. Sans mon « héros », j’aurais le sentiment de ne plus exister, la vie n’aurait plus de sens.
  2. Il va être anéanti si je le quitte, ou même si je tente de changer quoi que ce soit dans notre fonctionnement.
    Ce n’est pas qu’une croyance, c’est aussi une intuition très juste : dans certains cas, le « héros »-geôlier serait sans doute très déstabilisé si on change quelque chose à la relation. Mais ce qui est à travailler (toujours) c’est le « héros / Parent Symbolique » dans notre tête, qui est certainement plus proche de l’image de Papa-Maman il y a trèèèès longtemps. Quand cette image aura changé, la situation extérieure changera nécessairement (Loi d’Attraction).

 

Sur les « dangers » de la solitude

C’est sans doute le noeud du problème, puisque le dépendant organise tout dans sa vie pour éviter de s’y confronter : le « héros-geôlier » n’est pas un « méchant » (ce mot n’a aucun sens). Il a juste été appelé par l’inconscient de son « dépendant » pour le protéger de sa plus grande angoisse. Et s’il a accouru avec tant d’empressement, c’est parce que ça le protégeait de SES propres angoisses, bien sûr.
il ne s’agit souvent plus de croyances, mais d’images mentales et / ou de sensations physiques propres à chacun. On peut « laisser dérouler le film » (film en images, ou « film » en sensations, selon ce qui se présente), en étant de préférence accompagné(e). Et de faire à l’occasion des tappings  en fonction de ce qui vient.

En voici un, « Solitude » (boutique), qui part justement d’une telle image mentale : un gouffre aux parois glissantes, d’où on n’arrive pas à remonter. (mais ça finit bien !… évidemment.)

 

L’intérêt d’une telle liste de croyances, c’est que :

  • on peut les effacer avec l’EFT
  • les croyances du type : « Je ne peux être heureux/se que si mon héros se comporte de telle manière » amène à poser des questions précises : « De quelle manière ton héros doit-il se comporter pour que tu te sentes bien ? Pourquoi ? Qu’est-ce que ça t’évoque ? ». Cela mène nécessairement à des souvenirs, ou à des croyances plus précises, donc, plus faciles à effacer.

 

Les croyances sont étroitement liées aux émotions.

 

Emotions, ressenti

En cas de risque (perçu) d’ « abandon » : le « dépendant » ressent de la peur, peut vivre des crises d’angoisse. Mais il met en oeuvre tellement de stratégies d’évitement que ces peurs sont le plus souvent refoulées. Il les ressent donc peu consciemment : mais elles sont souterraines, et à la base de la plupart de ses actes.

En cas d’abandon réel (séparation, décès) : il ressent un sentiment d’être perdu, impuissant, et beaucoup de découragement.

 

Comme nous sommes multiples, d’autres parties de nous se heurtent à celles qui portent les blessures d’abandon. C’est d’ailleurs ces chocs qui amèneront, « de gré ou de force », le dépendant à changer tôt ou tard.

De nombreuses autres émotions (souvent plus conscientes que la peur) sont donc conséquences de cette dépendance.

 

Autres émotions, conséquences de cette dépendance

Le dépendant, « prisonnier volontaire » de la zone d’influence de son « dirigeant », s’oblige à être en échec à la moindre tentative d’autonomie. D’où :

  • des humiliations fréquentes,
  • des peurs de l’échec (qu’il sent proche, puisqu’il est en rapport avec son interdiction d’agir, pour ne pas contrarier le « héros »).

 

Il ressent donc aussi

  • de la colère contre lui-même, et contre les autres, témoins involontaires de son emprisonnement intérieur, donc de ses échecs.
  • mais aussi de la colère contre son « héros » ! Parce que son Être profond le pousse à bouger, ce qui le fait se cogner contre les murs de sa prison.
  •  Cette colère, en partie refoulée, l’amène à de la culpabilité : car comment peut-on en vouloir à un être aussi « merveilleux », sans qui nous ne serions « rien » ?

Et pour se punir de ces « ignobles » pensées et sentiments, il trouve encore plus de raisons de vénérer son « geôlier » et de craindre qu’il ne l’abandonne. Joli cercle vicieux !

Heureusement que tout peut se guérir… et guérira un jour, nécessairement. Alors, autant que ce soit dans CETTE incarnation, et même bientôt !

 

Comme on l’a dit au début de cet article, les croyances et les émotions génèrent des stratégies pour ressentir le moins possible la souffrance qu’occasionne toute réactivation d’une blessure d’abandon. On en parle dans l’article suivant : « 3. Blessure d’abandon : stratégies »

 

Cet article fait partie de la série :

1. Blessure d’abandon : définition, exemples et solutions
2. Blessure d’abandon : croyances, émotions
3. Blessure d’abandon : stratégies
4. Blessure d’abandon : conséquences dans les relations, sur de nombreux autres aspects de la vie (à venir)

 

 

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