Dans le cadre de mes ateliers « Défi formes 2025« , je prévoyais de faire un tapping pour aider à prendre le temps de mastiquer. Quand j’en ai parlé, quelqu’un a dit : “En fait, je mange vite parce que les autres se servaient dans mon assiette à la cantine de l’école”.
J’ai alors pensé à la chanson : “Laissez-moi rêver que j’ai 10 ans”. Et au fait que tout est double.
En mangeant vite :
- il se défend d’un mauvais souvenir de ses 10 ans
- mais simultanément, son cerveau retrouve l’énergie et les bons souvenirs liés à cet âge.
Et cela m’a suggéré d’écrire cet article. On y prend en compte simultanément ces deux aspects, et on essaie de trouver une méthode générale, pour voir plus clair dans les comportements qui nous éloignent de notre poids de forme.
Le circuit de la peur et le circuit de la récompense
Dans notre cerveau, deux circuits fonctionnent en parallèle : le circuit de la peur et le circuit de la récompense. Une hypothèse de travail intéressante serait de les considérer comme les deux faces d’une même pièce.
– Pour ça aussi ! On a déjà fait la même chose pour la soumission et la rébellion.
– Hé oui. Nous sommes dans le monde de la dualité : tout est double. Tout peut se regarder comme les deux faces d’une même pièce, ou encore en s’inspirant du Yin et du Yang : un peu de peur et beaucoup de récompense, ou l’inverse, comme dans le symbole ci-dessous. On va voir plusieurs exemples.

A quoi sert la peur ?
La peur est une émotion. Ce dernier mot vient de « ex-movere », qui signifie : le point de départ d’un mouvement, d’une action.
Contrairement à la phrase « La peur n’évite pas le danger », bien sûr qu’elle l’évite : elle est même faite pour ça.
A condition bien sûr qu’il s’agisse d’une peur d’un danger réel, pas d’une réactivation de peurs anciennes qui ne sont plus d’actualité. Tout est expliqué dans cet article : Cerveau émotionnel, amygdale.
A quoi sert la « récompense » ?
L’expression « circuit de la récompense » me paraît peu appropriée : « circuit du plaisir / du bien-être » me semblerait plus juste. Très schématiquement, les organes du circuit de la récompense, dans le cerveau, mémorisent les situations bénéfiques et agréables pour nous et nous aident à les retrouver. Tout est expliqué de façon plus détaillée ici : Cerveau et circuit de la récompense
Peurs, récompenses (= satisfaction des désirs matériels)… et sérénité
Nous avons été terriblement conditionnés à ne voir qu’une face de la pièce, dans toutes les situations.
Et à ne pas voir qu’elle tourbillonnait perpétuellement, entre plaisir et souffrance, au lieu de rester centrée sur son axe vertical.
Nous sommes comme un vélo qui pencherait tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, au lieu de rouler normalement. En d’autres termes, tant que nous n’avons pas acquis la sérénité d’un véritable Sage, « ça ne tourne pas rond dans notre tête ! »

Voici quelques vraies paroles de Sagesse, qui vont bien plus loin que « Je suis contente parce que je mange du chocolat ». Ce qui n’empêche pas d’y prendre plaisir AUSSI !
Comme le dit Ron. W. Rathbun : « Le véritable détachement n’est pas la séparation de la vie, mais la liberté absolue dans votre esprit d’explorer la vie. »
Ram Dass complète cette idée ainsi : « Il est important de ne rien attendre, de prendre chaque expérience, y compris les négatives, comme de simples étapes sur le chemin, et d’avancer. »
Bon, et MES kilos en trop, c’est quand qu’on en parle ???
On revient rapidement sur le détachement du Sage : Bouddha s’en moquait pas mal, de ses kilos en trop ! (si toutefois il en avait vraiment).

Une piste de connaissance de soi
Dans l’article Soumission et Rébellion : application à l’alimentation, il était question de réactions à des injonctions (exemple : « Finis ton assiette »). Chez un petit enfant, la réaction habituelle est la soumission. L’autre face de la pièce, la rébellion, a des chances de se manifester à l’adolescence : « Laisse-moi tranquille ! ».
Ici, on n’observe pas des injonctions, mais des comportements. On se demande ce qui les maintient en place, malgré leur manque d’intérêt évident, voire leur nocivité. Et là, on a besoin de prendre en compte le circuit de la peur et le circuit de la récompense.
On continue sur le si fréquent « Finis ton assiette ». Ce sera notre premier exemple détaillé, il y en aura d’autres.
Exemple 1 : « Finis ton assiette ! »
Beaucoup d’adultes occidentaux se croient obligés de terminer leur assiette, même s’ils n’ont plus faim, même si personne ne les regarde. Ils rationnalisent en se disant qu’il ne faut pas gâcher.
Mais où vaut-il mieux mettre le surplus de nourriture qui risque de les rendre malades ? Dans la poubelle ou dans leur estomac ?
Je n’encourage personne à gaspiller, il suffit de mieux s’organiser pour éviter le gâchis. Mais ce que je souhaite à chacun, c’est de ne pas prendre son corps pour une poubelle.
Qu’est-ce qui explique un tel comportement ?
Dans l’inconscient, se réactivent des scènes toujours présentes, toujours programmées intérieurement : Maman qui se fâche au cours des repas.

Quand on se force à finir son plat jusqu’à la dernière miette pour obéir à ses parents, on actionne notre circuit de la peur : peur de les contrarier, peur de tous les dangers qu’ils évoquent (« si tu ne manges pas assez, tu vas être malade ! »)
A priori, on ne voit que cela. Pourtant, pour vraiment “décoller une croyance”, il ne suffit pas toujours de travailler sur les menaces qui sous-tendent des conditionnements.
Il faut aussi regarder quels bénéfices y sont associés (Ils sont souvent inconscients).
C’est la deuxième face de la pièce, le circuit de la récompense.
La voici : « ma Maman prend soin de moi, elle m’aime ! » Et aussi : « ouf, je ne vais pas mourir de faim aujourd’hui ». (la peur de mourir de faim est profondément ancrée dans l’inconscient collectif)
Exemple 2 : “Manger trop vite”
Toute pensée, toute action, stimule à la fois ces deux circuits. L’un est visiblement prédominant, l’autre fonctionne à un niveau inconscient. Dans l’exemple ci-dessus (du gamin de 10 ans), l’adulte qui ne peut pas s’empêcher de manger trop vite réactive régulièrement :
- son circuit de la peur (“on va me piquer mon dessert”)
- et aussi, de façon moins évidente, son circuit de la récompense (“Yess, j’ai 10 ans, je suis jeune et dynamique”; et aussi le plaisir du dessert lui-même)
Quand on veut sortir d’un conditionnement, on regarde surtout le circuit de la peur. Exemple : Si je mange trop vite maintenant, c’est parce quand j’étais petit, mes voisins de table se servaient dans mon assiette.
Ce qu’on oublie, c’est que dans ce moment, le gamin de 10 ans revient INTEGRALEMENT dans notre inconscient,. Et c’est lui qui nous pousse à agir. il revient avec tout ce qu’il est, son énergie, sa joie de vivre. Peut-être son envie de jouer à “gagner la course” : d’avoir fini son assiette avant les copains.
Et le quadra ou quinqua qui avale goulûment profite un peu de cette énergie et envie de jouer.
Alors, il ne veut pas s’en priver ! Parce que ça active aussi son circuit de la récompense. Pourtant il aurait plein d’autres solutions pour être joyeux et énergique; et il en a certainement déjà beaucoup dans sa vie. Mauvaise idée que de se polariser sur « manger plus vite que les copains » !
– Au fait, quel rapport avec les kilos en trop ?
– Si on mange trop vite, on mange souvent plus que nécessaire. Bien mastiquer sert d’une part à mieux digérer, mais aussi à manger plus lentement, donc moins (à moins de passer des heures à table…).
D’autres exemples
Exemples de comportements qui font grossir ou trop manger :
- Manger pour se réconforter après un stress : le circuit de la récompense est activé, on ressent un grand soulagement. Mais le circuit de la peur est activé à un niveau inconscient : le stress déclencheur est toujours là. Solution : si ce stress est répétitif (on mange pour se remettre d’une dispute, par exemple), il est indispensable d’aller le voir en profondeur, et d’y remédier.
- Habitude de manger beaucoup : le circuit de la récompense est alimenté par le sentiment de se remplir (rassurant), et, j’espère, par un réel plaisir gustatif. Circuit de la peur ? Peut-être que c’est l’appareil digestif qui a peur, en tout cas qui souffre (« pitié ! arrête de me surmener ! »).
Solution : manger plus lentement, et savourer réellement ce qu’on mange. Et si on mange beaucoup avec un vague sentiment de se rassurer, il serait bon de voir de plus près de quoi on a peur.
Conclusion
Le circuit de la peur et le circuit de la récompense sont comme deux ensembles de cordages qui maintiennent nos conditionnements.
Pour chacun de nos comportements indésirables, il est nécessaire de les enlever tous. Autrement, ils continuent à nous maintenir prisonniers.

Heureusement, l’EFT est un excellent outil pour briser ce genre de lien :
- « Même si des parties de moi ont peur de ceci, de ceci, de cela (on énumère tout ce qui nous vient à l’esprit), je me rappelle que j’ai une Sagesse intérieure, et je lui demande de m’aider à apaiser ces peurs. «
- « Même si des parties de moi trouvent un certain plaisir à cette situation (ce plaisir-ci, celui-là, celui-là…), je peux certainement trouver le même plaisir d’une manière meilleure pour ma santé. «
Enumérer cette liste de croyances irrationnelles revient à couper ces « cordages » les uns après les autres.



