La mode de placer des mots anglais partout

Depuis quelques années, la mode est de placer des mots anglais partout, y compris quand ils n’ont aucune utilité. A croire que cela fait mieux. Pourquoi ???

J’aime l’Angleterre, j’aimerais parler anglais couramment, mais … quand ça sert à quelque chose.
Je précise que je n’ai aucun goût pour le chauvinisme ni le nationalisme : pour moi, mon pays c’est la Terre, mieux encore l’Univers. Nous sommes tous Reliés à la Source, le reste n’est qu’anecdotique. 

Ce qui me glace, c’est de voir : 
– des gens qui travaillent beaucoup sur eux, qui ont des analyses politiques qui me semblent pertinentes, mais qui placent des mots anglais à tout bout de champ. D’une façon pas toujours compréhensible par leurs interlocuteurs.
Quelle hypnose collective les amènent à ça ? Nous amène à ça ? 

– des cinéphiles qui ne comprennent pas les titres de leurs films préférés. Je suis toujours surprise de constater qu’ils ne se posent pas la question. A croire que c’est normal.
Une fois de plus : Quelle hypnose collective les amènent à ça ? Nous amène à ça ? De quel égrégore sommes-nous captifs ? Et  combien de fois dans une journée le renforçons-nous ? 

 

Plutôt que de passer une heure à trouver quelques exemples, j’ai demandé à Chatgpt de le faire.

Dans les articles où j’utilise l’IA : j’écris ses réponses en italiques, ce qui est écrit en « normal » vient de moi. 

 

 

Des mots anglais employés dans certains contextes (publicité, le travail, les médias et les réseaux sociaux).

Quelques exemples très courants, alors qu’on pourrait facilement employer un mot français :

  • feedback → retour, avis
  • meeting → réunion
  • call → appel, rendez-vous téléphonique
  • deadline → date limite, échéance
  • challenge → défi
  • team → équipe
  • manager → responsable, directeur
  • management → gestion, direction
  • coach → entraîneur, accompagnateur
  • planning → emploi du temps, calendrier
  • job → emploi, travail
  • business → affaires, entreprise
  • shopping → achats
  • newsletter → lettre d’information
  • live → direct
  • replay → rediffusion
  • fake news → fausses informations
  • story → publication éphémère
  • followers → abonnés
  • like → « j’aime »
  • post → publication
  • hashtag → mot-dièse
  • scroll / scroller → faire défiler
  • spoiler → révéler la suite
  • streaming → diffusion en continu
  • podcast → balado / émission audio (mais « balado » a très peu pris en France !)
  • burn-out → épuisement professionnel
  • open space → bureau ouvert / espace de travail ouvert
  • coworking → travail partagé
  • start-up → jeune entreprise
  • brainstorming → remue-méninges
  • pitch → présentation rapide
  • benchmark → comparaison, étude comparative
  • afterwork → verre ou rencontre après le travail
  • team building → activités de cohésion d’équipe
  • personal branding → image personnelle/professionnelle
  • storytelling → mise en récit
  • community manager → responsable de communauté
  • influenceur vient directement de l’anglais influencer, même s’il a maintenant été francisé.

 

Les mots que nous croyons anglais ! 

Souvent, ils ont l’avantage d’être plus courts que l’équivalent en français. Mais pas toujours…

Il y a une catégorie assez amusante : les pseudo-anglicismes français, c’est-à-dire des mots que nous croyons anglais mais que les anglophones n’emploient pas ainsi.

  • un parking → car park / parking lot
  • un smoking → tuxedo / dinner jacket
  • un footing → jogging
  • un pressing → dry cleaner’s
  • un relooking → makeover
  • un baby-foot → table football / foosball
  • un talkie-walkie → les anglophones disent walkie-talkie !

Les titres de films en anglais

C’est devenu extrêmement fréquent, y compris pour des films français. Par exemple :

  • LOL
  • The Artist
  • Intouchables a gardé son titre français, mais The Artist est bien un film français.
  • Five
  • Happy End
  • Patients n’est évidemment pas anglais, mais à côté on trouve énormément de titres volontairement internationalisés.
  • Love Actually, Fight Club, Pulp Fiction, Pretty Woman, Basic Instinct, Top Gun, Gladiator, Seven, Titanic, Avatar, Inception, Interstellar, Joker, Barbie, etc., ont été distribués en France sans traduction du titre.

 

De plus en plus dingue…🙃🥴😵‍💫

Il y a encore plus révélateur : certains films étrangers reçoivent en France un autre titre… également en anglais.

Par exemple, The Hangover est devenu en France Very Bad Trip — titre qui n’est pas le titre américain. Autrement dit, on a remplacé un titre anglais par un faux nouveau titre anglais, spécialement destiné au public français !

Même chose avec Step Up, devenu Sexy Dance en France.

C’est assez intéressant historiquement : il y a quelques décennies, on traduisait beaucoup plus volontiers les titres — Some Like It Hot devenait Certains l’aiment chaud, One Flew Over the Cuckoo’s Nest devenait Vol au-dessus d’un nid de coucou, The Sound of Music devenait La Mélodie du bonheur.

Effectivement, illustrer la place croissante de l’anglais dans le français contemporain, les titres de films constituent un exemple particulièrement visible.

 

L’anglais (absurde) dans la conversation courante

– Donne aussi des exemples de mots anglais employés dans des conversations courantes, comme Yes, Never, …
 

– Oui, là on est dans une autre catégorie : des mots ou petites expressions anglaises qu’on glisse dans une conversation française, alors que leur équivalent français est parfaitement courant. Et ni plus court, ni plus clair. 

Par exemple :

  • Yes ! → Oui ! / Génial !
  • No ! / Nope ! → Non !
  • Never ! → Jamais !
  • What ? → Quoi ?
  • Why ? → Pourquoi ?
  • Really ? → Vraiment ?
  • Seriously ? → Sérieusement ?
  • Sorry ! → Désolé !
  • Please ! → S’il te plaît !
  • Thanks ! → Merci !
  • Welcome ! → Bienvenue !
  • Bye ! → Salut ! / Au revoir !
  • Hello ! / Hi ! → Bonjour ! / Salut !
  • OK → D’accord
  • Cool ! → Chouette ! / Super !
  • Great ! → Super ! / Génial !
  • Perfect ! → Parfait !
  • Amazing ! → Incroyable !
  • Wow ! → Ouah !
  • OMG ! (Oh my God!) → Oh mon Dieu !
  • Come on ! → Allez ! / Mais enfin !
  • Let’s go ! → Allez ! / C’est parti !
  • Go ! → Vas-y !
  • Stop ! → Arrête !
  • Wait ! → Attends !
  • What else ? → Quoi d’autre ?
  • Whatever… → Peu importe… / Comme tu veux…
  • Of course ! → Bien sûr !
  • Anyway… → Bref… / De toute façon…
  • Maybe… → Peut-être…
  • So what ? → Et alors ?
  • Who knows ? → Qui sait ?
  • No comment ! → Sans commentaire !
  • Good luck ! → Bonne chance !
  • Enjoy ! → Profite ! / Régale-toi !
  • Take care ! → Prends soin de toi !
  • Love you ! → Je t’aime !
  • My God ! → Mon Dieu !
  • Oh shit ! → Merde !
  • Fuck ! → Putain ! / Merde !

Il y a aussi des expressions qui se sont installées dans les conversations, surtout chez certaines générations :

  • C’est fun.
  • C’est trendy.
  • C’est cheap.
  • C’est cosy.
  • C’est vintage.
  • C’est fake.
  • C’est too much.
  • C’est un must.
  • Je suis fan.
  • Je suis OK avec ça.
  • Ça matche.
  • Ça fit parfaitement.
  • Je valide le concept.
  • J’ai un date.
  • On se fait un brunch ?
  • On se fait un drink ?
  • Je suis en mode…
  • C’est le mood.
  • Quel feeling !
  • Pas de stress !
  • Un petit break.
  • J’ai besoin d’un boost.

Et il y a un phénomène encore différent, assez caractéristique du français actuel : on prend un mot anglais et on le conjugue comme un verbe français : liker, checker, scroller, spoiler, matcher, booster, coacher, customiser, switcher, zapper…

Si tu cherches à montrer à quel point l’anglais peut aujourd’hui s’insérer jusque dans une phrase française ordinaire, une phrase caricaturale mais parfaitement compréhensible serait :

« Yes, ça marche ! Je checke mon planning, je te fais un feedback après mon call et on se fait un petit drink. »

En quoi c’est un problème, finalement ? 

On peut me répondre que toutes les langues évoluent. Et même que pendant quelques siècles, l’aristocratie anglaise parlait français. Et méprisait les langues locales de l’île (le saxon, l’écossais, …).
 
Ce qui me pose problème, c’est que chaque fois qu’une langue est considérée comme plus importante qu’une autre, c’est une forme d’emprise, d’une culture sur une autre. Et un conditionnement à croire qu’on est inférieur ou supérieur à quelqu’un d’autre : c’est absurde, non ? 
L’histoire est écrite par les vainqueurs, et ils imposent leur culture et leur langage. 

Le langage est un outil de pensée, pour le meilleur et pour le pire. 

Le meilleur, c’est quand un langage est suffisamment riche pour permettre à la pensée d’aller loin, et facilement, sans se perdre dans des circonvolutions inutiles. 
Le pire, c’est quand il est appauvri pour différentes raisons, comme dans le novlangue (du livre 1984). Une langue créée délibérément pour empêcher une pensée cohérente, où les mots changent de sens : « La guerre, c’est la paix ; la liberté, c’est l’esclavage ; l’ignorance, c’est la force ».
Ou encore quand certains concepts véhiculent inconsciemment des émotions ou croyances toxiques. Un exemple en est la manie de dire que « c’est TROP bien », qu’un enfant est « TROP mignon ». Pourquoi ? Il devrait être moins mignon ? un peu plus désagréable ? 
Un autre : le terme « mortel » pour dire que quelque chose est génial. C’est presque du novlangue : « la mort, c’est la vie ».

Pour en revenir à la mode des mots anglais, ils véhiculent inconsciemment l’idée que la bonne culture, c’est la civilisation Mac Do ! Ils nous relient à cet égrégore, même quand on le rejette consciemment. 
 
 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Retour en haut
0 Partages
Partagez
Tweetez
Partagez