Disputes dans un couple : des solutions

Madame s’intéresse vraiment à la CNV (Communication Non Violente), essaie de l’appliquer au maximum, et fait bénéficier son mari de ses connaissances récentes. Moins « accro » que son épouse, il est cependant ouvert à cette démarche.

Et pourtant, certains jours, toute cette bonne volonté ne suffit pas. Qu’est-ce qui coince ?

 

L’escalier infernal

Voici un dialogue qui vous rappellera peut-être des souvenirs …

 

– Madame, sincèrement très Zen : « Chéri, tu m’avais dit que tu ferais les courses ce soir en rentrant du travail. Et j’avais vraiment besoin de ceci, cela, ça m’ennuie vraiment de ne pas les avoir; et tout est fermé, maintenant. Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

C’est une communication très « girafe », très CNV, tous les ingrédients OSBD y sont présents : Observation Objective (tu m’avais dit que…), Sentiment : « je suis ennuyée », Besoin : de réaliser un projet, Demande : « Qu’est-ce qu’on fait ? (Pour trouver une solution qui nous satisfasse tous les deux. »).

 

– Monsieur : Je n’ai pas eu le temps, tu ne te rends pas compte le stress que j’ai au bureau, et puis c’est toujours moi qui dois faire les courses, et puis tu me demandes toujours quelque chose !

Pourquoi répond-on si souvent de façon « chacal », agressive, à une demande faite de la manière « girafe » ? Parce qu’on est tellement habitué au langage « chacal » qu’on l’entend partout, même quand il n’est pas là.
C’était la première marche de l’escalier infernal.

 

Madame prend une grande respiration, tente de se remémorer en un éclair :  la CNV, le besoin d’empathie (« Ventre affamé d’empathie n’a pas d’oreilles »), l’écoute active… Et elle refait un essai, avec un peu moins de conviction.

 

– Madame : Mais oui, mon chéri… Je sais bien que c’est dur pour toi en ce moment, au boulot… Je comprends que… (tu n’as pas eu le temps, ou que tu n’y as pas pensé parce que tu as tous ces soucis. Mais j’aimerais quand même qu’on trouve une solution pour…).

Ce qui est écrit entre parenthèses, Madame n’a même pas eu le temps de le dire ; Monsieur l’a interrompue avant).

 

– Monsieur : Tu comprends quoi ?! Tu comprends rien à ce que je vis, et en plus tu m’en rajoutes des couches, tout le temps, tu n’es jamais contente, tu m’en demandes de plus en plus, (tu ne penses qu’à toi, tu es infecte, abominable, insupportable…).

Deuxième marche de l’escalier infernal.
Heureusement même qu’elle l’a interrompu avant qu’il ne continue à monter en pression tout seul. Elle dévie le tir, mais ce qu’elle va dire n’est pas beaucoup mieux.

 

– Madame : Oh, j’en ai marre, à la fin ! Je fais plein d’efforts pour que ça aille mieux, et toi tu passes ton temps à râler, à me faire des reproches, tu es toujours comme ça…
Troisième marche.

 

La suite du « dialogue » devient inaudible tellement ils se coupent la parole ; de toute façon, ce qu’ils se disent peut se résumer à : « je suis gentil(le) et tu es méchant(e) »… Pas très constructif.

Quatrième marche, cinquième marche… On comprend tout à fait l’expression « monter dans les tours ».

 

Vieux dossiers, vieilles rancunes

Dans ces moments, tous les « vieux dossiers » s’ouvrent en même temps, toutes les vieilles rancunes remontent à la surface :

 

– « Quand notre fils était en maternelle, tu m’as téléphoné à la dernière minute pour aller le chercher, alors que tu devais y aller !

– Tu sais bien que j’ai eu un imprévu ! Tu as vraiment une mémoire sélective : tu ne te souviens que de mes erreurs, même quand elles sont imaginaires. Et toi, quand tu as oublié de l’amener à son cours de basket ! »

 

Je suppose que vous connaissez bien ce genre de dialogue, qui peuvent se répéter pendant des années et des années…

 

 

Il est important de rappeler qu’il s’agit là d’une relation de couple stable, aimante, et qui s’intéressent sincèrement au développement personnel.

« Je vous dis pas » ce que ça peut donner autrement…

 

Disputes dans un couple : des solutions ?

Ils auraient pourtant une solution : faire une « pause CNV », c’est-à-dire arrêter la discussion dès que l’un d’eux s’aperçoit que tout part en vrille. Dès qu’il n’y a plus le moindre élément constructif dans ce qui est dit, dès qu’il ne s’agit plus que d’une ébullition de cerveau émotionnel.

 

Au cours de cette pause CNV, ils pourraient :

  • Repérer l’effet miroir : « Je fais tout pour que ça aille bien, tu ne t’en aperçois même pas et tu m’en demandes toujours plus ». Qui exprime cela ? Les deux, avec le même sentiment d’exaspération et d’injustice…
  • Et pourquoi pas, faire un peu d’EFT sur tout ça, chacun de son côté. (Par exemple : « Même si tu es tellement injuste en ne voyant pas à quel point je fais de mon mieux, je peux envisager de voir les choses un peu différemment… »).
  • ou tout simplement passer à autre chose, et se reparler plus tard quand l’énervement sera retombé.

 

Je suis de plus en plus persuadée que l’EFT et la CNV sont très complémentaires : entre autres, c’est intéressant de faire de l’EFT quand on est trop mal pour faire de la CNV. Mais pas seulement, il me semble bien y avoir encore beaucoup d’autres applications possibles.

 

Plus généralement…

La grille d’analyse que je suggère me semble généralisable à tout conflit, social et entre individus.

  • ce que dit A touche un point douloureux chez B  (A et B peuvent être des personnes, ou des groupes)
  • B réagit en « langage chacal », parce que nous sommes tellement habitués à ce « langage » que c’est son premier réflexe. Première marche de l’escalier infernal. Cela touche des points douloureux en A.
  • Alors, A réagit en « langage chacal », parce que c’est son premier réflexe. Cela touche des points douloureux en B. Deuxième marche.
  • Alors, B réagit en « langage chacal », parce que c’est son premier réflexe. Cela touche des points douloureux en A. Troisième marche.
  • etc., etc., etc.
  • Et en fin de compte, ils ont oublié le problème à résoudre… et plus encore, d’y chercher des solutions.

 

D’où l’importance de maîtriser de mieux en mieux des manières de communiquer qui ne déclenchent pas ce genre de réactions en chaîne. Et de faire des « pauses CNV » chaque fois qu’on s’est fait dépasser par nos propres conditionnements.


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