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Pauvres dictateurs

Pauvres dictateurs Ce titre peut surprendre.

 

Mais l’un des postulats de ce blog, c’est que TOUT comportement extérieur toxique est issu d’une blessure refoulée : de croyances et d’émotions douloureuses, que certains tentent de ne pas ressentir en s’en prenant aux autres : « C’est pas moi, c’est lui ! Et il faut le punir ».

 

 

De quels dictateurs va-t-on parler?

De tous. Depuis les plus sanglants tyrans de l’histoire, jusqu’aux petits chefs, aux adultes qui jugent bon de « commander » les enfants, jusqu’aux parties de nous qui ont envie de commander les autres, ou même de tyranniser d’autres parties de nous-mêmes, c’est très fréquent (un blocage émotionnel   est le résultat d’un conflit entre plusieurs parties de nous-mêmes, au moins deux).

 

 

Pourquoi cet article ?

J’ai fait de l’EFT pour moi, à propos d’une difficulté concernant un apprentissage : face à lui, j’étais en panique, incapable de réfléchir efficacement.

Jusque-là … quel rapport avec les dictateurs ?

Vous allez voir.

 

Je descends donc dans le « monde infernal » de ce blocage : j’y trouve la peur de faire des erreurs, une auto-dévalorisation maximum de moi- même, une angoisse impressionnante.

Et en cherchant à retrouver les mêmes émotions dans mon passé, je me retrouve … dans un groupe de développement personnel, auquel j’ai participé il y a très longtemps en tant que cliente. (Je vous rassure tout de suite : on n’y faisait pas d’EFT !).

 

 

Il s’agissait d’un groupe d’une dizaine de personnes, toujours les mêmes, se réunissant un week-end par mois autour d’un thérapeute débutant. Ce dernier avait eu quelques succès importants auprès de membres du groupe.

Suite à cela, nous buvions ses paroles comme une Vérité Révélée ; oser penser différemment était un sacrilège,  à ses yeux comme à ceux du groupe. Et vu avec le recul,  il commençait à avoir sacrément « mal aux chevilles ».

Je suis restée encore quelques mois, de plus en plus à contrecœur.  On m’avait persuadée qu’il s’agissait là de « résistances » de ma part, que je ne voulais pas voir en moi je ne sais quoi d’épouvantable, et que je regretterai toute ma vie d’avoir quitté quelqu’un d’aussi merveilleusement exceptionnel.

 

J’ai fini par partir, et je ne l’ai jamais regretté.

 

 

Qu’un thérapeute crée une telle chape de plomb dans un groupe, c’est très « limite ». Mon but n’est pas de le critiquer, mais de comprendre pourquoi et comment cela a pu se produire, quels mécanismes sont en jeu aussi bien chez lui que chez ses clients, y compris moi, bien sûr.

 

 

Quels comportements induisent une « chape de plomb » psychologique ?

Ce qui crée une atmosphère terriblement lourde, c’est ce qui donne l’impression aux « victimes » qu’elles ne savent rien, que leurs paroles n’ont aucune valeur face à celles du « Grand Chef », et que de toute façon, il n’a aucune intention de les écouter (ça, c’est vrai ; pas le reste).

 

bâillon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les comportements du « Grand Chef » placent ceux qui l’entourent dans leur « zone de l’Enfant grondé » : là, dans cette zone du psychisme constitué dès la petite enfance, la parole de la plupart des adultes était considérée comme infaillible, et l’enfant face à elle « se faisait tout petit », encore plus petit qu’il ne l’était déjà. S’il osait « répondre » à l’adulte qui lui posait des questions, il se faisait réprimander. (Grandiose, cette expression, « on ne doit pas répondre aux adultes quand ils vous posent des questions » : faut-il en rire ou en pleurer ?)

 

En conséquence :

–          sa parole est confisquée, les mots s’accumulent en lui sans qu’il puisse les exprimer ; il doit donc utiliser énormément d’énergie psychique pour les garder en lui : ce besoin de contenir ces mots est certainement en jeu dans les bronchites, trachéites, rhinopharyngites, courantes chez les enfants.

–          Sa pensée se fige : blocages dans la réflexion, fuite, découragement devant certaines situations. Quand le cerveau émotionnel est terrifié, le cortex ne peut plus réfléchir.

–          Il en est de même pour les actes : l’enfant se soumet, se résigne, son corps se raidit, se rigidifie, sous l’effet du refoulement des désirs d’action.

Alors, l’enfant a pris l’habitude de se taire, de ne plus agir ni penser par lui-même, et devenu adulte, il reprend ces mêmes attitudes dans de multiples situations. (Des variantes : ne s’intéresser qu’à  des choses sans importance, qui ne le mettent pas en contact avec ses désirs profonds)

Ou encore … il devient lui-même un « Grand Chef », une sorte de dictateur, au moins vis-à-vis de son entourage.

 

 

Comment devient-on un dictateur ?

Je précise tout de suite, ça n’est pas une situation enviable ; et ce n’est non plus une preuve de force psychologique.

 

J’imagine qu’un enfant fréquemment humilié, brutalisé émotionnellement (ou  ressentant les choses ainsi, c’est très différent) va réagir à cela de différentes manières :

–          Timidité, repli sur soi : « si on ne me voit pas, ne m’entend pas, on ne me grondera pas. »

–          Perfectionnisme : « si je suis parfait, peut-être qu’on ne me grondera pas ! »

–          Dissimulation de ses actes, incapacité à exprimer des émotions et /ou des opinions : « si on ne sait ni ce que je fais, ni qui je suis, on ne pourra pas me faire des reproches ».

–          Inspirer encore plus de peur qu’on en ressent soi-même : « Si je les terrorise, ils me laisseront tranquille » ; l’enfant, ou l’ado, ou l’adulte, manipule alors les autres, d’abord seulement dans ce but, qu’on arrête de le brutaliser. Puis il découvre qu’ainsi, il peut obtenir des autres tout ce qu’il veut ou presque. De plus, il se fait vraiment croire qu’il est supérieur à eux, et il réussit même faire croire cela à beaucoup ! « Que du bonheur ! »… enfin, drôle de bonheur, quand même.

 

 

Ces deux dernières attitudes, auxquelles on peut ajouter plus ou moins le perfectionnisme, conduisent la personne à se cacher derrière un masque glacial, effrayant, rigide, fait pour mettre continuellement ses interlocuteurs en état de faiblesse, dans leur « Zone de l’Enfant grondé »  : tant qu’ils se sentent coupables même sans savoir de quoi, ils ont le sentiment qu’ils sont inférieurs et / ou menacés, donc, ils ne vont pas déranger le « dictateur », le toucher dans ses zones douloureuses, qui sont pourtant bien là : mais tellement enfouies dans son inconscient qu’il n’est plus du tout en contact avec elles.

 

 

Pauvre dictateur.

On oublie trop souvent que sous ce masque glacial, et cette  assurance apparente, se cache un pauvre gosse terrorisé, qui n’a construit cet édifice que dans le but de se protéger. Sa croyance principale, c’est : « la meilleure défense, c’est l’attaque ».

 

 

Que faire contre ses attaques, qui se produisent à chaque montée d’angoisse chez lui ?

Bien sûr qu’elles ne sont pas acceptables et qu’il faut limiter, empêcher les dégâts. Les solutions à court terme sont au cas par cas.

 

 

Mais il me semble essentiel de ne jamais perdre de vue l’enfant blessé qui se débat sous sa cuirasse hérissée de piquants. Aucune solution durable ne peut faire l’économie de sa guérison et de la compassion à son égard (Le mot « compassion » vient de « passion », qui signifie aussi « douleur ».  « Souffrir avec quelqu’un » ne fait pas sens à mes yeux, ça n’aide personne ; par contre « être conscient que l’autre souffre, et que l’origine de ses actes, c’est justement cette souffrance », oui, ça me parle).

 

 

 

Nous sommes tous à la fois dictateurs et victimes.

Je rappelle le premier paragraphe de cet article : « de quels dictateurs s’agit-il ? », j’y avais répondu : « tout le monde », y compris des parties de nous-mêmes en conflit les unes avec les autres.

Nos conflits extérieurs se reflètent à l’intérieur, et réciproquement… toujours le jeu de miroirs.

 

Cette attitude de « compassion active » me semble donc essentielle, quelle que soit la situation.

Seul, l’Amour guérit.

 

 

Des solutions ?

« Par exemple », quelques protocoles EFT, pour apaiser de plus en plus les parties de nous « dictateur » et les parties de nous « victimes ».

Protocole EFT : Pour accepter nos émotions négatives vis à vis des autres

Protocole EFT : «  Juger ?  De moins en moins » 

Protocole EFT : «  Se justifier ? De moins en moins » 

 

Namasté.

 

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2 reflexions sur “Pauvres dictateurs

  1. Helene

    Bonsoir Claude,

    Ce terme « thérapeute débutant » me gêne.
    Pourquoi le spécifier ? Après avoir relu et encore relu l’article, j’ai compris.

    Quand une situation ou une personne engendre un mal être en notre personne, DANGER ! Avoir le courage de quitter cette situation est signe d’affirmation de soi.

    Dans d’autres situations similaires à celles que tu exposes, j’ai vécue : un divorce, des séparations, des changements de caps…

    Bref, nous passons notre vie à échapper aux « dictateurs » comme tu les nommes.

    Une fois identifié « ses malfaiteurs » dans nos vies, nous pouvons les repousser à temps et vivre en toute sérénité.

    Sacré sujet que tu abordes ! Et bien timide est notre prise de conscience…

    Tu laisses en moi bien des questionnements, je reviendrais par ici. Eh, pourrais-tu simplifier pour tes lecteurs moins patients que moi ? Sans doute que je me trompe mais je suis obligée de relire ton article pour m’en imprégner et comprendre. Faut dire que l’EFT quand je t’ai rencontrée la toute 1ere fois et que tu m’en as parlée, je me suis demandée sur quel « barjo » j’étais tombée. Avant de porter un jugement, j’essaie toujours de comprendre. Pardon de ma franchise. Je t’apprécie et aime nos partages.

    Je crois que c’est moi la « Barjo » pour ce soir.
    En tout cas, merci infiniment pour tes richesses que tu apportes.

  2. Claude Auteur de l'article

    Salut Hélène

    Merci pour ta franchise (lol !) : je ne m’étais même pas rendue compte sur le moment que je t’avais parue « barjo » à ce point; pourtant nous avions discuté longtemps, ce jour-là, puis par la suite, heureusement !

    Je suis toujours étonnée que l’EFT paraisse barjo à tant de gens (tu n’es pas la seule à m’avoir dit ça, après coup…) :

    la grande majorité des gens, me semble-t-il, prend maintenant au sérieux l’acupuncture. (Est-ce que c’est seulement parce qu’elle est reconnue par la médecine officielle ? C’est grave, si on a besoin d’elle pour savoir comment nous devons penser… )

    l’EFT n’est qu’une application pratique de l’acupuncture ! Alors, où est le problème ??? Je voudrais vraiment comprendre. Si tu peux m’en dire plus sur ce qui s’est passé dans ta tête à ce moment-là, ça me rendrait bien service (et à plein de gens aussi !)

    J’étais contente quand j’ai entendu parler pour la première fois de l’EFT, parce que je pensais que ça « passerait mieux » auprès des gens que les soins énergétiques (méthode Corps-miroir) que je pratiquais jusqu’à présent. Je me disais que l’EFT, ça pouvait s’expliquer logiquement, sur des bases admises par tous, et que les gens allaient se dire : « c’est génial, je veux apprendre ça tout de suite ! »

    Hé bien non. Comme quoi, quand les conditionnements entrent en jeu, le cerveau émotionnel bloque vraiment l’accès à la logique.

    Pourtant : « L’acupuncture est « sérieuse » et efficace »; « L’EFT est un sous-ensemble de l’acupuncture; donc : l’EFT est « sérieuse » et efficace », c’est un syllogisme, la base même de la logique.

    à part ça, pourquoi je parle de « thérapeute débutant » ? Simplement pour ne pas accabler ce monsieur, en espérant qu’il se soit remis en question par la suite… mais je n’ai pas été voir.

    En tout cas, j’y aurai appris une chose à ne JAMAIS faire en tant que thérapeute : de l’interprétation sauvage, comme « Tu dis ça PARCE QUE… « .

    Grâce à lui, si on peut dire, j’ai vraiment pris l’habitude de dire « Quand tu dis ou fais cela, c’est PEUT-ËTRE parce que… , ou parce que…; qu’est-ce que tu ressens quand je dis ça ? est-ce ces suggestions t’évoquent autre chose ? ». C’est clair, la seule personne qui connaît le vrai pourquoi de ses actes, c’est la personne elle-même (et encore, c’est à un niveau inconscient, sinon il n’y aurait pas de problème). Quand je dis « le vrai pourquoi », ça va beaucoup plus loin que « c’est parce qu’on m’a fait ceci ou cela quand j’étais petit ».

    à bientôt Hélène 🙂

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