Se libérer des conditionnements de la vie citadine

Depuis cinq mois maintenant, j’habite de nouveau un village en Normandie, et je commence à cultiver un tout petit jardin.
Bien que j’ai habité 20 ans dans l’Orne, j’avais fait très peu de jardinage, le terrain servait surtout d’aire de jeux pour les enfants. Puis, retour aux sources (si on peut dire) : 10 ans à Paris.

Ce n’est pas pour vous raconter ma vie, mais pour situer le contexte : quand une ex-parisienne se met à vivre à la campagne, à découvrir la permaculture ☘🥦🌳🍃, ses conditionnements en prennent un sacré coup.

Je veux dire : quand une ex-parisienne se met à vivre vraiment à la campagne .
Ce  n’était pas le cas lors de ma première période normande. Beaucoup vivent à la campagne d’une façon très proche de la vie citadine; ce n’est plus métro-boulot-dodo, c’est voiture-boulot-dodo. Et le jardin n’est qu’un cadre agréable pour déjeuner dehors quand il fait beau.

Je partage ici mes « découvertes émotionnelles » : en quoi ce nouveau mode de vie m’aide à retrouver une relation plus saine à la Nature, à sortir des conditionnements aseptisés et absurdes de la vie citadine. Bien plus que je ne m’y attendais.

 

Le jardin, la vie, la mort

Première prise de conscience : en une matinée, j’ai tué des milliers d’êtres vivants 😱 (Vous aussi, bien sûr). Lesquels ??? 😱

Les conditionnements de la vie citadine tombent de très haut quand ils découvrent la vraie réalité de la Nature. Ils doivent quitter la perception bien ancrée (dans l’inconscient) que les légumes « poussent » proprement dans leur barquette plastique dans un supermarché aseptisé.

Et ils retournent (comme ils peuvent) au monde réel.

 

Le monde réel, ce n’est pas « le monde selon Monsanto » où les légumes poussent hors sol… des usines à nourriture, berk !

Les conditionnements urbains éclatent devant la réalité de la Nature. Et qu’y découvre-t-on en tout premier, quand on a fini de s’extasier sur les beaux paysages, comme un citadin en vacances ?

On y découvre la réalité de la mort, tellement occultée dans nos sociétés hors sol. On y découvre, à chaque seconde, que la vie et la mort sont totalement imbriquées, comme dans la représentation du yin et du yang, schéma à la base de toute la dualité.

Une réalité tellement difficile à percevoir, quand on habite en ville… Tellement facile à nier, plutôt, puisque tout est fait pour cela.

 

Donc, en quoi consistaient mes nombreux « meurtres » ?

J’ai désherbé mon jardin, voilà. Pas complètement comme on le fait encore souvent : je ne souhaite pas un jardin bien « propre » où les sols sont à nu autour des plantes cultivées.
J’ai désherbé le minimum indispensable, et dû retirer des plants qui se seraient empêchés mutuellement de grandir. En conscience, et en leur demandant pardon, parce que TOUT est vivant.

Puis, en les réutilisant en paillage ou dans le compost, pour aider à la croissance des plantes cultivées, tout en empêchant d’autres plantes de pousser. Je ressens que chaque fois que je fais ces gestes, ma mémoire cellulaire se réimprègne d’une évidence : la mort engendre la vie, la vie engendre la mort. C’est le yin et le yang, tout simplement. 

 

La différence est énorme entre cette réimprégnation concrète, terrienne, ancrée, et des discussions philosophiques à la terrasse d’un café parisien.
Là, on ne peut plus être dans le déni par rapport à la mort.

Quelle attitude avoir, alors, pour ne pas pleurer toute la journée 😉 ? nous endurcir et ne plus respecter la Vie nulle part, ni chez les végétaux, ni chez les animaux, ni, quant à faire, chez les humains ? 🙁
Ou intégrer de plus en plus que la Vie est bien au-delà de nos corps physiques, que notre Être soit incarné en humain ou en d’autres formes de Vie.

 

Quels sont mes autres meurtres, en fait ? Plus exactement, NOS autres meurtres quotidiens ?

Les cellules de notre corps qui meurent et se renouvellent, les bactéries et les virus excédentaires (l’état normal, c’est d’en avoir 1,5 kg en moyenne, ils sont plus nombreux que nos cellules).
Que faire, alors, pour arrêter ce massacre ? Se suicider ? Mauvaise idée !  😀 , on tuerait tout ce monde-là en même temps ! 🤣😕🤪

La réponse est une fois de plus : voir les choses autrement. Et intégrer de plus en plus que la Vie est bien au-delà de nos corps physiques, que notre Être soit incarné en humain ou en d’autres formes de Vie.

 

Mais alors, que signifie « Tu ne tueras point » ?

Si vous pensez que ça signifie seulement « tu ne tueras pas des humains, éventuellement : pas certains animaux non plus, mais tu peux faire ce que tu veux avec les autres êtres sensibles » : ce n’est pas l’idée non plus, c’est plus profond, tout de même.

On réfléchit à cette question, et à tout ce qui précède, dans cette vidéo.

 

conditionnements de la vie citadine

 

 

Articles sur des sujets proches :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Retour haut de page
0 Partages
Partagez
Tweetez
Partagez