On a vu précédemment le chantage ordinaire dans le monde politique. Le même fonctionnement s’applique à notre vie quotidienne, mais ce serait très mal vu de le qualifier de chantage quotidien.
D’ailleurs si l’on disait cela à l’école ou au travail, on serait gravement sanctionné. (ce n’est pas du chantage, ça ?)
On est tellement habitué à ce chantage quotidien qu’on ne le perçoit plus. Et que le développement de nos synapses est très souvent limité par des murs invisibles : « si je fais ça, aïe » ; « si je veux ça, ouille ».
Tout cela étant, dans le meilleur des cas, maladroitement rationalisé (« il faut faire comme ça parce que… »). Plus généralement, on « sait » que : « C’est comme ça, point, terminé ».
Sous-entendu : si tu insistes, ça ira mal pour toi. (et ça, ce n’est pas du chantage non plus ?)
Définition du chantage
Le langage courant donne à ce mot un sens plus général que le sens juridique. Le Larousse le définit comme :
- 1. Un délit consistant à extorquer, à l’aide de menaces, des fonds, des valeurs, une signature d’un acte.
- 2. L’action de brandir une menace pour obtenir de quelqu’un quelque chose qu’il refuse. Exemple : un chantage sentimental.
Précisions
– Le schéma général du chantage ressemblerait-il donc à : « Si tu fais telle chose, tu vas avoir des ennuis » ?
– Non. Les lois physiques n’ont aucune joie à nous compliquer la vie. Pourtant, elles le font, si on les transgresse :
- si tu sautes du 10e étage, tu vas t’écraser au sol. (sauf si tu es un as de la lévitation)
- si tu veux monter l’Everest sans équipement, ça va mal se passer. (sauf si tu es un sherpa entraîné depuis l’enfance)
La phrase-type du chantage, c’est plutôt : « Si tu fais telle chose, je vais te créer des ennuis » (ou : mon groupe va te créer des ennuis).
– et la prison, alors ? les punitions ? Il faut bien faire des choses méchantes aux gens pour leur montrer qu’il ne faut pas être méchant !
J’adore la « logique » de cette phrase…
Pourtant, il y a tant d’autres solutions. L’article Des réinsertions réussies 💖 en évoque une cinquantaine.
Donc, restons sur la phrase « Si tu fais telle chose, je vais te créer des ennuis » (ou : mon groupe va te créer des ennuis). Plus précisément encore, c’est « Si tu m’embêtes / me dérange / me contrarie / me perturbe, si tu t’opposes à mes plans, si tu ne m’obéis pas, je vais te créer des ennuis ».
En fait, ça s’appelle un jeu de pouvoir.
Dans la définition du Larousse, il est question de « chantage sentimental ». On verra que ce comportement est beaucoup plus fréquent qu’on le pense. Mais il est très souvent inconscient.
Nos conditionnements sont fixés par une peur INTENSE
On va voir quelques exemples du chantage quotidien, de l’enfance à l’âge adulte. Puis on analysera les conséquences : des conditionnements fixés par une peur immense, d’une intensité qui dépasse tout ce que j’en comprenais jusque là. Pourtant, ce n’est pas faute d’y avoir réfléchi dans ce blog.
Dans ce que je vais écrire, je m’efforcerai de n’avoir aucun jugement de valeur : ni envers les parents, les enseignants, les patrons, et même les systèmes étatiques. « Que celui qui n’a jamais été conditionné leur jette la première pierre », comme a dit Jésus, dans des termes à peine différents. En effet, nous sommes tous conditionnés et terrifiés (inconsciemment) jusqu’à la moelle.
D’où :
– nos comportements absurdes (parce que conditionnés. En effet : pourquoi dans tel groupe social un comportement est valorisé alors qu’il est violemment rejeté dans tel autre ?)
– nos réactions souvent violentes pour éviter de ressentir ces peurs inconscientes : « C’est comme ça, voilà. Et ne discute pas sinon ça va mal finir. »
Je viens de mieux comprendre en quoi consiste cette terreur VISCERALE
J’avais déjà écrit une bonne partie de cet article quand j’ai pu mettre des mots sur ce que je sentais confusément. Je disais que nous sommes tous terrifiés (inconsciemment) jusqu’à la moelle.
Parce que certaines peurs sont intenses mais superficielles : certaines sont auto-programmées par le mental. Par exemple :
– La blessure d’injustice : le mental trouve que telles personnes sont bien traitées, d’autres moins bien. S’il tourne cela très souvent en boucle, il peut considérer qu’il souffre de blessure d’injustice (et même en être assez fier, dans certains cas)
Quelqu’un de très sociable peut se dire que la blessure de rejet ne le concerne pas, quelqu’un de très débrouillard ignore aussi (consciemment) la blessure d’abandon. Il est convaincu que quoi qu’il arrive, il trouvera toujours une solution ; et c’est souvent vrai.
Et pourtant, certaines de ces blessures sont bien plus profondément imprégnées en nous. Et c’est là que le chantage ordinaire plante ses griffes.
Les 5 blessures : les viscérales et les autres.
On peut voir les 5 blessures (livre de Lise Bourbeau) comme étant, effectivement, des grosses difficultés qui nous empêchent d’être nous-mêmes. Mais à la réflexion, je ne les mets plus sur le même plan.
En un sens, les blessures de rejet et d’abandon touchent beaucoup plus le corps que l’intellect. Elles se situent bien en-deça des mots, et même des émotions qu’on peut nommer.
C’est par exemple ce que ressent un bébé affamé, seul dans son berceau, dans un monde désertique dont il n’a pas les codes. Même si sa gentille maman se précipite pour l’allaiter tendrement, ces quelques secondes de solitude s’imprègnent durablement en lui.
C’est ces imprégnations, entre autres, qui sont réactivées dans toutes les situations douloureuses. On en parlera dans un prochain article, qui s’intitulera : Nos peurs viscérales.
Et c’est encore elles qui sont à la base des chantages quotidiens dont on parle ci-dessous.
Comment on fabrique les « enfants sages »
Être un « enfant sage » n’a rien à voir avec notre Sagesse intérieure.
Un « enfant sage », pire encore « sage comme une image », est juste un enfant qui ne perturbe pas ses parents. Il ne touche pas à leurs peurs, en étant « trop » ceci ou « pas assez » cela, il ne fait pas de bruit, il est envié par les voisins dont le rejeton est trop agité à leur goût.
Bref, il est soumis.
Cette soumission est le résultat d’un chantage incessant. Fait par des parents pourtant pleins de bonne volonté, en général.
Ils ont juste répété le chantage quotidien réitéré par leurs propres parents, grands-parents, ancêtres : « Si tu n’es pas sage, tu auras la fessée (version contemporaine : tu seras privé de télé) ». Et l’autre face de la même pièce : « Si tu es sage, tu auras un bonbon ».

Ce qui risquera de donner en version adulte :

On verra que le chantage est beaucoup plus subtil et plus répandu que dans les films où le « méchant » tente d’acheter le « gentil » avec des dessous de table. Et où si ce dernier refuse, un coup de pistolet « règle le problème ».
Bien sûr que ça existe (voir Les yeux grand fermés : le film « Eyes Wide Shut » et bien d’autres »). Mais cette corruption / menace se produit dans bien d’autres situations.
Le chantage sentimental
Comment obtient-on un « enfant sage » ? Par le chantage sentimental. (inconscient, au moins la plupart du temps).
- « Si tu désobéis à Maman, elle va être triste ». Cette phrase est une menace. Elle menace même de la pire punition qui soit pour un tout petit : aucun petit enfant n’a envie que sa mère soit triste.
La grosse arnaque (involontaire) dans cette histoire, c’est qu’il croit que c’est lui qui la rend triste.Si elle est triste, c’est sa responsabilité à elle. Elle aurait pourtant d’autres options :
- regarder ce que ça touche en elle (« Même si tel comportement de mon enfant me rend triste / en colère / effrayée, je peux sûrement trouver des solutions plus constructives et j’ai conscience que ça réactive des blessures en moi : c’est une occasion de les guérir »)
- et en amont, tenter de gérer le problème avec de la CNV : plus efficace que d’imposer l’obéissance, quand même. Mais on « apprend » généralement la communication violente, pas la Communication Non Violente.
L’école : le chantage des notes
Ça aide à apprendre, les notes ? Nous sommes tellement habitués aux coups de fouet que peu d’entre nous remettent ce système en question. On se croirait dans l’expérience de Milgram : l’apprentissage par la souffrance.
Non seulement ça n’aide pas, mais ce fonctionnement crée des blocages émotionnels à de nombreux niveaux. Pourquoi certaines personnes sont-elles « incapables » de parler en public ? Pour la moitié de mes clientes qui avaient ce problème, l’origine en était « le traumatisme du tableau noir« .
Pire encore : les notes sont un outil qui contribue à un véritable endoctrinement. C’est le principe de la carotte et du bâton.
Tu dis que Napoléon est un héros, parce qu’il a « conquis » tel et tel pays, tu sais bien répéter quels membres de sa famille il a placé à leur tête, tu as 20/20.
Si avec exactement les mêmes arguments, tu dis que c’est un tueur en série psychopathe, qui pratique le népotisme : eh bien, tu as 0, une retenue, et tu finis chez le proviseur.
A l’âge adulte
Le même genre de peur nous taraude tous, à des degrés divers.
- Au travail : si je l’ouvre, je suis viré.
- A l’armée : ils n’ont peur ni de mourir ni de tuer, mais par contre : désobéir au chef, ce serait pire que tout !
- Dans un couple : si je ne fais pas comme il veut, il va me quitter
- si je ne paie pas mes impôts… on connaît la suite.
Tout cela est basé sur la peur ; chantage, peur et conditionnement
On a toujours le choix ? Oui, à condition de ne pas barrer certaines options (la mort, la prison, la solitude…). Guylaine Lanctôt a vraiment vécu ses propres choix toute sa vie (décédée le 4 mail 2025 😥 ). L’auteure de la Mafia médicale avait certainement dépassé la grande majorité des peurs qui ravagent l’humanité : respect et remerciements à elle.
On ne va pas développer ces sujets ici (peur de la mort et de la prison), mais regarder de près « nos peurs viscérales » , qui sont probablement à la base de toutes les autres. (dans un article à venir)
Pour aller plus loin
On vient de voir que nos conditionnements se sont imprégnés en nous en grande partie à cause de chantages inconscients. Qui ont induit des peurs vraiment lourdes.
Pire encore, nous nous les répétons tout seuls, en boucle. Nous ne nous en rendons compte que quand nous les regardons à la loupe, à travers les situations pénibles qui se présentent à nous.
Pour vous libérer de plus en plus de cette fichue programmation, je vous propose un accompagnement individualisé.
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