Relire son histoire scolaire : transformer les cicatrices en forces

Revisiter sa scolarité ? avoir une réflexion profonde sur elle ? A quoi cela sert-il, puisque c’est fini ?  
La vraie question est : est-ce que c’est VRAIMENT fini ?

Quand je disais que j’étais prof de maths, des adultes avaient un mouvement de recul. Puis ils réalisaient que je n’étais pas devenue plus méchante que cinq minutes plus tôt. Alors, ils pleuraient presque sur mon épaule en me racontant : « Tu sais, mon prof de maths de 6e, il a dit, il a fait… 😭😭 », « et puis celui de 4e…😭😭😭😭 », etc.
Tout cela s’était produit des dizaines d’années plus tôt.

 

Il ne reste pas de cicatrices, vous croyez ? 
Et quelles conséquences ont-elles encore à l’heure actuelle ? (voir l’article : Conséquences des stress scolaires, à l’âge adulte).

OK maintenant pour voir l’intérêt de revisiter cette période ? 
Pas seulement cette période, on peut adopter cette même attitude pour chaque grande période de notre vie. Mais la scolarité va largement nous occuper cet article. 

En quoi une réflexion sur la scolarité peut-elle changer toute une vie (en mieux !)

.Cette anecdote permettra d’illustrer l’intérêt de cette remise en question :

Karine, élève dans un de mes groupes de rattrapage, commence à savoir lire correctement, à la fin de son CE2. (normalement, on sait lire 2 ans plus tôt).
Elle soupire : «2 ans de perdus !»

Je lui réponds que non, et je l’aide à faire un petit bilan.

 

Le contexte

jusqu’au CP, Karine trouvait l’école très agréable : elle avait beaucoup de copains et copines, son sourire et sa gentillesse la faisait aimer de tout le monde, enfants et adultes.
Juste un bémol : les moments ennuyeux entre deux récréations… ! 🤔

les deux années qui suivent, elle réalise de plus en plus amèrement que ces moments avaient une utilité, entre autres apprendre à lire. Elle est de moins en moins appréciée par ses instits, pas toujours bienveillants envers les «élèves en difficulté». Ils les qualifiant vite de «limités avec des petits moyens» (j’ai souvent entendu ça, en vrai 😒😢😡).

– quand l’école me demande de m’en occuper, Karine est dans le 36e dessous. Dans le petit groupe où elle travaille, elle se décourage dès l’énoncé d’un exercice : «J’y arriverai jamais», et elle pleure.

Je finis par obtenir, exceptionnellement, de travailler seule avec elle : normalement c’est interdit à l’Education Nationale. Quand je l’accompagne, avant même de proposer un exercice, je lui suggère :

– imagine que tu attrapes les idées noires dans ta tête, et que tu les jettes dans la poubelle.
Ça l’amuse, elle le fait, et retrouve un peu le sourire.

– Maintenant, dis : «Je vais y arriver». Aussitôt, elle pleure. «Tu sais bien que j’y arrive jamais». On essaie autre chose : «Je vais peut-être y arriver», ou «Je vais peut-être peut-être peut-être y arriver».

De nombreux «peut-être» plus loin, elle commence à faire l’exercice, répète cette formulation, jette encore quelques idées noires à la poubelle, et finit par réussir. Avec mon aide au début.
Puis de moins en moins d’aide, et de moins en moins de «peut-être».

Jusqu’au moment où elle peut réintégrer un groupe, en ayant bien progressé, au niveau lecture et surtout en ayant retrouvé le moral.

Et, ce qui me met encore les larmes aux yeux au moment où j’écris 😢 … Quand l’un des enfants du groupe avait un moment de découragement, elle lui proposait de dire «Je vais peut-être peut-être peut-être y arriver», il le faisait …. et ça marchait !

 

 

 

Deux ans de perdus ? Oh non…

On en revient à son moment de découragement, quand elle a soupiré : «2 ans de perdus».
Je lui ai alors rappelé qu’elle avait appris bien plus que la lecture.

  • Elle était devenue capable de comprendre les autres enfants, en difficulté et en souffrance. Et probablement même certains adultes. Capable de ne pas les juger, parce qu’elle était elle-même passée par là. 👍
    Capacité que d’autres n’ont pas souvent, quand ils n’ont rien vécu -ni surmonté- de comparable.

  • Elle sait comment les aider, au moins dans certains cas, et elle trouvera certainement d’autres façons de faire par la suite. 👍
  • Elle a intégré une façon de surmonter la grande difficulté où elle se trouvait, elle ne s’est plus laissée intimider par les reproches et les moqueries. 👍
  • Elle y a gagné énormément de maturité, et je l’ai vu de jour en jour reprendre davantage de confiance en elle. 👍Une confiance qui n’aurait peut-être pas continué à grandir si elle était restée sur ce sentiment d’échec.
  • Elle a retrouvé sa joie de vivre, sa capacité naturelle de se faire des amis, d’être appréciée partout où elle passe. 👍 C’était un acquis pour elle deux ans plus tôt, mais il aurait pu être voilé toute sa vie par un nuage noir de plus en plus épais. –

 

Alors… inutile de revoir sa scolarité avec un autre regard ? tous les événements de notre vie, d’ailleurs. Qu’en a-t-on appris ? En quoi nous ont-ils fait grandir ? Ou en quoi pourraient-ils encore, MAINTENANT, nous faire grandir et être plus heureux ?

 

Pour aller plus loin

Et si pour VOUS, un changement de regard sur votre scolarité, pouvait être aussi décisif que pour Karine… Ou un changement de regard sur n’importe quel domaine de votre vie. 

Quelques séances individuelles pourraient vous faciliter la tâche. 

Et / ou des ateliers gratuits (les Ateliers du Jeudi), quand j’en organise sur ce sujet ou des sujets proches. Pour être au courant de l’ensemble de ce que je vous propose, cliquez sur l’Agenda du blog. 

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